Lettre ouverte au CD&V : Meilleurs vœux de mauvaise année 2050 !

Le CD&V jette un froid sur la saga de la position belge quant à l'objectif de réduction de CO2 européen

Communiqué de presse - 15 janvier, 2010
C'est loupé pour nos étrennes 2050 ! Le bas de laine belge risque d'être consacré à la lutte contre les effets du réchauffement climatique : gestion des intempéries et catastrophes climatiques, adaptation de l'agriculture, marasme économique suite à la récession planétaire... Largement responsable du blocage belgo-belge autour du passage à un objectif boosté à 30% de réduction de gaz à effet de serre (GES) de l'Union européenne, le CD&V s'apprête à sacrifier le climat pour sauvegarder les intérêts économiques à court terme de quelques groupes industriels. Solidarité internationale, gestion à long terme de la crise économique et climatique ne semblent pas faire partie des résolutions de nouvelle année du CD&V.

Le blocage de la position belge est particulièrement mal venu puisque c'est le 1er février prochain que l'Union européenne doit remettre sa position au secrétariat du forum des Nations unies chargé du climat UNFCC 1). Les discussions en vue de la finalisation de la position de l'Union européenne (UE) tournent autour de la hauteur de l'objectif de réduction à défendre. Va-t-on vers un statu quo à - 20% ou un objectif de - 30% d'ici 2020 (année de référence 1990) ? Des États membres comme la Pologne et l'Italie ont refusé d'emboîter le pas à la France et le Royaume-Uni qui tentaient d'éviter l'enlisement des négociations de Copenhague en s'affichant résolument favorable aux - 30% 2). Dans ce contexte spécifique, la Belgique peut - en se ralliant au point de vue des états membres progressistes - contribuer à rendre à l'UE le leadership sur le climat.

Le CD&V jette un froid sur la saga de la position belge quant à l'objectif de réduction de CO2 européen

C'est loupé pour nos étrennes 2050 !  Le bas de laine belge risque d'être consacré à la lutte contre les effets du réchauffement climatique : gestion des intempéries et catastrophes climatiques, adaptation de l'agriculture, marasme économique suite à la récession planétaire... Largement responsable du blocage belgo-belge autour du passage à un objectif boosté à 30% de réduction de gaz à effet de serre (GES) de l'Union européenne, le CD&V s'apprête à sacrifier le climat pour sauvegarder les intérêts économiques à court terme de quelques groupes industriels. Solidarité internationale, gestion à long terme de la crise économique et climatique ne semblent pas faire partie des résolutions de nouvelle année du CD&V.

Le blocage de la position belge est particulièrement mal venu puisque c'est le 1er février prochain que l'Union européenne doit remettre sa position au secrétariat du forum des Nations unies chargé du climat UNFCC 1). Les discussions en vue de la finalisation de la position de l'Union européenne (UE) tournent autour de la hauteur de l'objectif de réduction à défendre. Va-t-on vers un statu quo à - 20% ou un objectif de - 30% d'ici 2020 (année de référence 1990) ? Des Etats membres comme la Pologne et l'Italie ont refusé d'emboîter le pas à la France et la Grande-Bretagne qui tentaient d'éviter l'enlisement des négociations de Copenhague en s'affichant résolument favorable aux - 30% 2). Dans ce contexte spécifique, la Belgique peut - en se ralliant au point de vue des états membres progressistes - contribuer à rendre à l'UE le leadership sur le climat.

Conformément au fonctionnement belge, quatre instances sont concernées par ladite 'position belge' : trois régions et un état fédéral. Les régions wallonne et bruxelloise semblent acquises aux - 30% tandis que la Flandre et le fédéral tergiversent. Pourquoi ? Le fédéral semble adopter une prudence de Sioux qui trouve sans doute son explication - et certainement pas sa justification - dans l'imminence de la présidence belge... et de la nécessaire neutralité qu'elle semble imposer.

En Flandre, deux femmes et un homme persistent visiblement à ne pas vouloir s'entendre sur la question. La ministre de l'Énergie, Freya Van den Bossche relaie la position progressiste de son parti, le sp.a. En face d'elle, deux CD&V font barrage : la ministre de l'Environnement Joke Schauwvliege et le ministre-président Kris Peeters. Le blocage de la position belge découle donc d'un clivage sp.a/CD&V. Il faut cependant préciser à la décharge de ce parti que Freya Van den Bossche ne s'est jamais ouvertement prononcée pour les - 30% ...

Un déblocage belgo-belge est-il envisageable ? L'argument économique est avancé pour justifier l'immobilisme et le refus d'opter pour un objectif de réduction réellement en phase avec l'urgence climatique, à savoir une réduction idéale de 40% d'ici 2020 (année de référence 1990 et à réaliser au sein des pays industrialisés). Cet argument est d'autant plus souvent avancé que la crise climatique se déroule sur fond de crise économique...

Cet argument est pourtant caduc et masque un manque de courage politique flagrant... En effet, réduire les GES de 20% ne demandera pas d'effort particulier à l'UE. Quant aux - 30%, ils coûteront moins que ce que n'auraient coûté les -20% avant la crise économique.  La crise a, en effet, entraîné des réductions d'émissions conjoncturelles qui n'étaient pas prévues à l'époque où le paquet Energie/Climat (qui fixe l'objectif de réduction actuel de -20% pour l'UE d'ici à 2020) a été voté. A moyen  terme, le coût du réchauffement climatique sera bien supérieur à l'effort à consentir aujourd'hui par l'UE 3).

Si le CD&V ne permet pas rapidement à la Belgique de rallier le point de vue des États membres les plus progressistes de l'UE, il portera une lourde responsabilité vis-à-vis des générations qui seront aux commandes dans les prochaines décennies. On dira alors : « ah, quand je pense qu'ils auraient encore pu sauver le climat... »

Pour la campagne « Climat/Energie »

Arnaud Collignon et Eloi Glorieux

Notes: 1) Secrétariat du United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCC) qui regroupe les initiatives des Nations Unies autour du climat.2) Si l'on se place du point de vue de l'urgence climatique, cette querelle de clochers européens n'a que peu de sens dans la mesure où l'objectif à atteindre par les pays industrialisés devrait être de 40% d'ici 2020 (année de référence 1990). Seule une réduction de cette ampleur pourrait nous permettre de répondre à l'appel des scientifiques et de limiter l'augmentation des températures planétaires en dessous des 2°C. C'est le point de vue défendu par Greenpeace. 3) Consulter à ce propos :- Taylor Dimsdale en Matthew Findlay, 30 Percent and Beyond Strengthening EU - Leadership on Climate Change, 20 November 2009. http://www.e3g.org/images/uploads/E3G_30_Percent_and_Beyond_Nov_09.pdf- coût du réchauffement climatique supérieur que l'effort à consentir aujourd'hui par l'UE : http://www.energyblueprint.info