Pas de promotion du nucléaire par l'Europe

Euratom n'a pas sa place dans la Convention Européenne

Communiqué de presse - 27 mai, 2003
Une trentaine de militants de Greenpeace ont accroché à l'Atomium une bannière dénonçant l'inclusion du Traité Euratom dans la future constitution européenne. Selon Greenpeace, promouvoir explicitement l'énergie nucléaire, comme ce fut décidé en 1957, apparaît aujourd'hui comme anachronique. S'il y a une source d'énergie crédible, propre et méritant une promotion à l'échelon européen, c'est l'éolien . Greenpeace invite par conséquent le nouveau gouvernement belge à poursuivre le travail réalisé sous la précédente législature dans les instances internationales.

La Convention Européenne est en train de rédiger une constitution pour l'Europe et a notamment proposé d'y annexer le Traité Euratom de 1957. Ceci est tout simplement inaceptable. Notre connaissance des énergies nucléaires et fossiles a radicalement changé depuis les années '50 et il est évident qu'il n'y a pas la moindre place pour la promotion de ces énergies dans un avenir énergétique durable. Le Traité Euratom est biaisé, non démocratique et tout simplement anachronique. A la différence du Traité sur la Communauté européenne du charbon et de l'acier (aboli en 2002), Euratom n'a pas de limite dans le temps, ce qui fait de l'énergie nucléaire la seule énergie faisant l'objet d'une promotion explicite bétonnée dans un texte fondateur européen, déclare Valéry Paternotte, responsable de la campagne énergie.

Treize Etats Membres sur les quinze [1] n'ont soit jamais développé de programme nucléaire, soit ont décidé la sortie du nucléaire. Une Constitution incluant la promotion explicite de l'énergie nucléaire serait inacceptable non seulement pour de nombreux Etats Membres mais, plus important sans doute, pour la majorité des citoyens européens. L'Eurabaromètre (58.0) de décembre 2002 montre en effet que l'énergie nucléaire et les déchets radioactifs est la première source d'inquiétude en matière d'environnement des européens.

Que les européens soient inquiets, quoi de plus normal? Mais ce qu'il faut savoir et répéter, c'est que l'énergie nucléaire n'est tout simplement pas un mal nécessaire ! Ce n'est nullement une fatalité. Le potentiel d'économies d'énergie et de renouvelables est aussi immense qu'ignoré. Seul le développement de ces pistes-là mérite une promotion active des gouvernements européens, poursuit Valéry Paternotte.

Greenpeace invite le nouveau gouvernement belge à empêcher que le Traité Euratom ne soit annexé tel quel à la nouvelle constitution et à promouvoir activement les collaborations internationales en faveur des énergies renouvelables.

Sous la législature précedente, la Belgique a à la fois décidé la sortie du nucléaire et redoré son blason sur la scène internationale. Il serait incompréhensible que le nouveau gouvernement gâche ces atouts et ne défende pas désormais, au sein des institutions européennes, le développement des renouvelables, ce qui passe sans nul doute par l'arrêt du traitement de faveur accordé au nucléaire, conclut-il.

Note

[1] Sept Etats Membres n'ont pas de production nucléaire (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg et Portugal), quatre ont décidé sous l'une ou l'autre forme une sortie du nucléaire (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Suède) et deux n'ont pas de projets de nouvelles centrales (Espagne, Royaume Uni).

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