L'Europe d'accord pour payer sa dette "CO2" mais sans mettre la main au portefeuille!

Communiqué de presse - 20 mars, 2009
Lors du Sommet de Printemps qui se clôture aujourd'hui, les dirigeants européens se sont accordés sur la nécessité d'apporter un soutien financier aux pays en voie de développement afin de les aider à lutter contre les changements climatiques. Aucune somme mentionnant la hauteur de l'engagement financier n'a cependant été avancée. Pour Greenpeace, ces nouvelles tergiversations risquent de compromettre gravement la portée de l'accord international sur le climat qui devra être adopté fin de cette année à Copenhague. Quant aux options énergétiques européennes, le flou demeure...

« Trois mois viennent d'être perdus en vue d'un accord mondial sur le climat, puisque les décisions semblent reportées au sommet européen de juin... En l'absence d'engagement financier clair de l'UE et des autres pays industrialisés, les pays en voie de développement réfléchiront à deux fois avant de rejoindre les négociations de Copenhague. Sans une mise de départ clairement définie, sans savoir qui va mettre quoi sur la table, il ne sera pas possible de négocier, commente Fawaz Al Bitar, de la campagne Climat/Energie de Greenpeace. La situation actuelle reste donc insatisfaisante.»

Le sommet européen reconnaît la nécessité d'un soutien financier aux pays en voie de développement pour leur permettre de faire face aux changements climatiques. Des fonds devraient être réunis pour permettre à ces pays de promouvoir les énergies propres; de protéger leurs forêts et de faire face aux effets des dérèglements climatiques d'ores et déjà inévitables. Il n'en reste pas moins vrai que les dirigeants européens ne se sont pas mis d'accord sur le montant à réunir au sein des pays riches. 1)

Les pays industrialisés, dans leur ensemble, devraient transférer une manne financière d'au moins 110 milliards d'euros (dont 35 milliards d'euros émanant de l'Union européenne) par an d'ici 2020 pour aider les pays en voie de développement à  lutter efficacement contre les changements climatiques. Ce montant est calculé sur base de la responsabilité historique et de la capacité de financement des pays.

Pour Greenpeace, il est indispensable que les gouvernements européens cessent de tergiverser et fassent bon usage des prochaines réunions ministérielles planifiées sous la présidence tchèque pour s'accorder sur l'élaboration d'un plan concret permettant de financer une lutte adéquate contre les changements climatiques dans les pays en voie de développement. Ce thème doit aussi être traité en priorité au cours de la réunion du G20 qui se tiendra début avril à Londres et dont les recommandations seront essentielles pour nourrir les négociations des Nations unies sur le climat.

"Les dirigeants européens ont bricolé des solutions à la va-vite pour sortir certaines banques de l'ornière mais n'arrivent toujours pas à élaborer un plan de relance économique compatible avec les défis écologiques qui se posent sur le long terme, poursuit Fawaz Al Bitar."

Conclusions relatives à la deuxième analyse stratégique

de la politique énergétique ("second strategic energy review") :

Les leaders européens ont reconnu l'importance de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables. L'interconnexion des parcs éoliens offshore en mer du Nord fait également son chemin. La mise en œuvre de ce type d'infrastructures devrait permettre d'intégrer au réseau électrique européen de plus grandes quantités d'énergies renouvelables (dont l'éolien off shore).

Malheureusement à côté de ces avancées, le Sommet continue à promouvoir le recours à des technologies très polluantes comme les centrales au charbon et, pour les Etats membres qui le décident, les centrales nucléaires.

 « Nous sommes à la croisée des chemins et les leaders européens continuent à nous orienter dans deux directions opposées. Or, il est essentiel de s'engager dans une de ces voies : ou rester englué dans le passé en poursuivant notre dépendance aux technologies d'un autre âge comme le charbon et le nucléaire ou entrer dans le futur en misant sur les énergies renouvelables, efficaces, pourvoyeuses d'emploi et mieux adaptées pour répondre aux fluctuations de la demande, conclut Fawaz Al Bitar. »

Notes: [1] La contribution financière à l'horizon 2020 devrait couvrir les postes suivants : - €40 milliards par an pour orienter les pays en voie de développement vers un système énergétique basé sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. - €30 milliards par an pour stopper la déforestation via la création d'un fonds 'forests for climate'. Tous les détails quant à ce mécanisme de financement : www.greenpeace.org/forestsforclimate;- €40 milliards par an pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter aux changements climatiques.