Substances toxiques retrouvées dans des vêtements griffés Disney

Communiqué de presse - 15 avril, 2004
Dans les vêtements pour enfants de la marque Disney se trouvent des substances qui, à terme, peuvent se révéler préoccupantes pour la santé humaine. C'est ce qui ressort du <A HREF="http://www.greenpeace.org/belgium_fr/multimedia/download/1/460663/0/Disney_report2.pdf" TARGET="_blank">nouveau rapport de Greenpeace 'Toxic Childrenswear by Disney'</A>. Pyjamas, t-shirts et autres sous-vêtements ont été analysés par le laboratoire danois Eurofins après avoir été achetés dans 19 pays dont la Belgique.

Acheté en Belgique, ce T-shirt griffé Disney a été analysé au Danemark.

D'importantes variantes ont été observées selon la provenance des pièces analysées. Il serait donc parfaitement possible d'éviter une bonne partie de cette pollution. Certaines des substances identifiées correspondent par ailleurs à celles récemment retrouvées dans les poussières domestiques belges (1). La nécessité de mieux contrôler les substances chimiques - notamment pour le biais de la réforme législative REACH - est à nouveau clairement mise en évidence.

Le rapport, intitulé "Toxic Childrenswear by Disney" (NDLR: gamme de vêtements toxiques pour enfants de Disney), indique que la plupart des vêtements analysés contiennent une grande variété de substances chimiques potentiellement dangereuses. Il est probable que la présence de substances chimiques puisse s'expliquer par le recours à des techniques d'impression utilisant du PVC. "Les variantes observées d'un pays à l'autre (2), nous incitent à penser qu'il est parfaitement possible de fabriquer des vêtements colorés sans utiliser des substances chimiques préoccupantes comme celles que nous avons détectées, analyse Fawaz Al Bitar, responsable de la campagne 'Substances toxiques' pour Greenpeace Belgique."

C'est ainsi que les chaînes de distribution peuvent jouer un rôle capital pour réduire la présence de substances dangereuses dans les biens de consommation. A titre d'exemple, on peut comparer les résultats obtenus pour un produit Disney acheté, chez H&M, au Danemark et un autre acheté dans une grande surface en Belgique. Si la contamination du produit commercialisé au Danemark s'avère relativement peu

importante, il n'en va pas de même pour le pyjama 'belge' où l'on a relevé des concentrations records en phtalates et métaux lourds. En 2002, la chaîne H&M a opté pour des solutions alternatives au PVC et aux techniques d'impressions au PVC, pour l'ensemble de leurs produits.

"Si la société Disney se préoccupait des contaminants chimiques présents dans sa gamme pour enfants, elle pourrait, à l'instar de ce qui a été fait par H&M, mettre sur pied une politique de substitution ou d'abandon des substances chimiques préoccupantes, poursuit Fawaz Al Bitar." L'an dernier, Greenpeace a exhorté Disney de prendre ses responsabilités en remplaçant les substances chimiques dangereuses dans ses produits. Disney a répondu que ses produits sont en règle avec la législation actuelle et n'a pas jugé bon de prendre des mesures. Quand Disney accorde une licence pour son logo et ses personnages, cette opération s'accompagne de conditions strictes notamment en ce qui concerne le design et les coloris. Disney pourrait donc très bien exiger l'abandon des substances toxiques dans les produits portant sa griffe.

La publication du rapport "Toxic Childrenswear by Disney" intervient à un moment crucial dans la réforme législative qui occupe actuellement l'Union européenne, réforme intitulée REACH (3).

Un des principes fondamentaux de la proposition initiale de cette réforme était le principe de substitution. Selon ce principe, les entreprises qui mettent sur le marché des produits contenant des substances chimiques dangereuses doivent systématiquement les remplacer par des alternatives moins toxiques.

"Malheureusement, les institutions européennes ont subi d'intenses pressions de la part des industries chimiques et de certains gouvernements afin que ce principe de substitution ne soit pas inclus dans le texte" explique Nadia Haiama Neurohr, conseillère politique à Greenpeace. "Si les gouvernements européens ne s'évertuent pas à introduire clairement ce principe dans le texte REACH, des sociétés comme Disney pourront continuer de vendre des vêtements contenant des substances chimiques dangereuses pour la santé de nos enfants, et ce même s'il existe des substances de remplacement moins néfastes" poursuit Nadia Haiama Neurohr.

A l'échelle planétaire, la convention de Stockholm (4) demande l'arrêt de la production des polluants organiques persistants (POP) et leur remplacement par des alternatives plus sûres. "Cette convention, dont la portée est actuellement limitée à 12 substances, a déjà adopté le principe de substitution. Ceci indique la direction que doivent suivre les futures législations chimiques à visée mondiale" conclut Nadia Haiama Neurohr.

(1) Hazardous Chemicals in Belgian House dust,  Les analyses ont porté sur les parties imprimées des vêtements portant le logo Disney. Les échantillons ont été achetés sur plusieurs continents: Europe, Asie, Amérique (Nord et Sud), Océanie.

(3) REACH: "Registration, Evaluation and Authorisation of Chemicals" proposé par la Commission européenne le 29 octobre 2003 (COM(2003) 644 final).

(4) La Convention de Stockholm de 2001 sur les polluants organiques persistants (POP) deviendra contraignante le 17 mai 2004.

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