Un navire du 'TOP 5O' envoyé 'propre' à la casse

Communiqué de presse - 3 mai, 2003
Rotterdam, le 3 mai 2003 : la société américano-norvégienne Stolt-Nielsen a déjà fait démanteler de nombreux navires sur les plages indiennes. Des négociations qui ont eu lieu entre cette société et Greenpeace jeudi dernier dans le port néerlandais ont permis d'éviter de nouveaux drames humains ainsi que des atteintes supplémentaires à l'environnement, occasionnés par les activités de démolition maritime.

Bateau tiré sur la plage pour y être démantelé

Cela signifie qu'un des bateaux de la compagnie, le Stolt Sincerity sera - selon toutes probabilités - décontaminé avant d'être envoyé à la casse. Une déclaration en ce sens a été signée par le capitaine du St. Sinceritu au nom de son propriétaire. Il s'agit d'une situation exceptionnelle dans le monde maritime. La décontamination porte sur des matières comme les PCB, l'amiante et les hydrocarbures.

La compagnie Stolt-Nielsen a accepté d'étudier la possibilité de certifier la décontamination de son tanker et d'en informer Greenpeace et des organisations importantes dans la sphère maritime comme l'OMI, Intertanko (fédération des pétroliers) et ICS (International chamber of shipping) et ce, avant la fin de l'année 2003.

Greenpeace et Stolt-Nielsen s'adresseront à l'Organisation Maritime Internationale et à ses parties (via les organisations interprofessionnelles) pour s'appuyer sur cet accord afin de développer - lors de la session de l'OMI de juillet 2003 - un règlement contraignant, applicable à l'ensemble des propriétaires de bateaux.

En Inde, des ouvriers souffrent depuis des années des effets des substances toxiques libérées lors du démantèlement des épaves. L'accord qui vient d'être conclu constitue un petit pas dans la direction d'une meilleure protection de l'environnement et des travailleurs indiens, commente Marietta Harjono de Greenpeace. La déclaration signée par Stolt-Nielsen constitue une bonne base pour de futures négociations afin de s'assurer que l'ensemble de la flotte de cette société soit décontaminée avant d'être confiée aux démolisseurs. La signature de cet accord coïncide avec une nouvelle explosion survenue sur le chantier de démolition d'Alang en Inde. Une explosion qui a coûté la vie à six ouvriers, occupés au démantèlement d'une épave et qui illustre l'irresponsabilité de propriétaires de navires peu soucieux de l'état dans lequel ils envoyent leurs carcasses à la démolition.

L'accord exceptionnel passé avec Stolt fait suite à une des "patrouilles toxiques" que Greenpeace a organisées dans les ports de Rotterdam et d'Anvers. Lors de ces "patrouilles", l'organisation de défense de l'environnement monte à bord de vaisseaux pour informer capitaines et équipages des effets déplorables pour la santé et l'environnement engendrés par la démolition de carcasses non décontaminées. Ces patrouilles ont permis à Greenpeace de réaliser à quel point capitaines et équipages partagent avec elle le point de vue que les propriétaires de navires doivent assumer leurs responsabilités et envoyer à la casse des bateaux préalablement décontaminés.

Documents :

* La campagne "Shipbreaking" de Greenpeace : c'est en 1998 que Greenpeace a entamé sa campagne 'Shipbreaking' s'appuyant sur l'arsenal législatif prévu par la Convention de Bâle. Celle-ci prévoit une interdiction d'exporter des déchets toxiques vers des pays non OCDE.

* Shipbreaking - The continuous evasion of the polluter pays principle : a breakdown of financial profits and environmental and health costs in relation to the shipbreaking industry.