Une plate-forme d'observation à 65 mètres de haut pour sauver les plus hauts feuillus du monde

Une Belge participe à cette mission d'observation

Communiqué de presse - 23 janvier, 2004
Action internationale pour les forêts anciennes de Tasmanie (Australie)Bruxelles/Hobart (Tasmanie/Australie), le 12 janvier 2004 : Une bénévole belge participe à la mission entreprise par Greenpeace en Tasmanie et se trouve actuellement sur une plate-forme d'observation installée à 65 mètres de haut dans un eucalyptus d'une hauteur de 80 mètres environ. Cette mission entreprise en collaboration avec une association locale de défense de l'Environnement (The Wilderness Society) vise à éviter le sacrifice de ces forêts jusqu'ici inviolées et menacées d'être exploitées pour satisfaire nos besoins en papier et en bois de construction. Le bois provenant de l'exploitation de ces forêts - qui constituent un réservoir de biodiversité et un témoignage exceptionnel de l'histoire de la planète - est vendu en Belgique sous la dénomination de chêne de Tasmanie.

Tinne Van Iseghem, une bénévole belge, participe à la mission entreprise par Greenpeace en Tasmanie et se trouve sur une plate-forme d'observation installée à 65 mètres de haut dans un eucalyptus d'une hauteur de 80 mètres environ.

C'est dans la Vallée du Styx (située à une centaine de kilomètres d'Hobart/Tasmanie) que la plate-forme d'observation a été installée en novembre 2003. Cette vallée est couverte de forêts anciennes d'un type particulier. Les arbres que l'on y trouve le plus fréquemment sont des Eucalyptus regnans plusieurs fois centenaires et pouvant atteindre une hauteur de 90 mètres de haut . Les forêts d'eucalyptus relativement épargnées à ce jour constituent un écosystème spécifique et leur disparition entraînerait la disparition d'espèces rares ou menacées comme l'aigle de Tasmanie.

« L'ascension vers la plate-forme a duré plus de temps que je n'imaginais mais quelle expérience !, s'exclame depuis la plate-forme Kristien Van Iseghem, la jeune volontaire de Greenpeace. Là-haut, la vue est magnifique, toute une vallée d'eucalyptus et de fougères. Ce n'est pas la première fois que je voyage dans cette région du monde et je suis à chaque fois sous le charme de cette nature intacte. J'ai du mal à croire que tout risque de disparaître. Je ne suis ici que depuis deux jours et j'ai déjà aperçu plusieurs camions chargés de grumes sortant de la forêt. Les arbres qui m'entourent ont mis des années à pousser et il ne faudra sans doute que quelques heures pour les détruire, déplore-t-elle encore. L'exploitation forestière devrait être interdite dans ces forêts anciennes.»

Si la Tasmanie présente des aires protégées et porte une attention certaine à son environnement, les pratiques forestières que l'on y observe tiennent pourtant de la barbarie: coupes à blanc, empoisonnement de wallabies… Pour éviter la destruction des dernières forêts anciennes de Tasmanie, il est nécessaire que les autorités locales et internationales prennent leurs responsabilités et que l'industrie réforme ses techniques de coupe forestière.

«Nous pouvons encore éviter le pire en Tasmanie, commente Veerle Dossche, responsable de la campagne Forêts anciennes en Belgique. Les autorités locales doivent cesser de prétendre protéger leur environnement par la création de réserves limitées, des zones entières présentant un intérêt écologique certain sont hors de ces aires. Les forêts anciennes doivent être protégées et pas seulement sur papier.»

Le produit de l'exploitation forestière en Tasmanie est à 90% destinée à l'industrie du papier. Le Japon étant le principal importateur de copeaux provenant de Tasmanie. Un faible pourcentage de cette production est destiné à alimenter le marché européen de bois dur. La Belgique joue un rôle important dans ce contexte particulier.

«A l'instar de ce qui se fait au Japon où Greenpeace s'adresse à tous les clients commerciaux de la principale société d'exploitation forestière présente en Tasmanie, nous nous adressons aux entreprises belges participant à ce type échanges commerciaux. Nous leur demandons de mettre un terme aux importations de chêne de Tasmanie, précise encore Veerle Dossche. Les consommateurs peuvent aussi agir notamment en refusant d'acheter des produits (parquets, portes) issus de chêne de Tasmanie. Il n'y a que de cette façon que l'on peut être sûr de ne pas contribuer à la destruction des forêts anciennes.»

Un cas d'école pour la communauté internationale appelée à se pencher sur le sort des aires protégées

La situation observée dans cette région est symptomatique de ce qui se passe dans l'ensemble des forêts anciennes. Ces forêts ayant peu subi l'impact de l'homme ne sont pas suffisamment protégées . Quant aux zones protégées existantes, elles sont insuffisamment contrôlées et ne sont pas efficacement gérées. En février 2004, se tiendra à Kuala Lumpar (Malaisie), une réunion de la Convention sur la diversité biologique (CBD). La Belgique a signé cette convention internationale et participera à la réunion où il sera question des aires protégés. Greenpeace attend des autorités qu'elles mettent en place un programme de travail prévoyant, à l'échelle planétaire, un maillage représentatif et complet de ces aires essentielles pour le maintien de la biodiversité. Un programme qui prévoit une protection réellement efficace de ces zones et respectant les droits des peuples autochtones et des communautés et envisageant également des fonds pour en concrétiser les objectifs.

Dans le cadre de cette conférence internationale, Greenpeace a mobilisé la population belge par le biais d'une pétition adressée à la ministre de l'Environnement Freya Van den Bossche. Cette pétition - toujours disponible via le site www.forestsanciennes.be - sera remise début février à la ministre de l'Environnement.

VVPR info: Dans la rubrique "Dernières vidéos", un petit film sur la Vallée du Styx (Tasmanie).

Notes: Le site www.greenpeace.be propose un dossier complet sur les forêts anciennes de Tasmanie.

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