Biomasse forestière : ne nous trompons de solution pour le climat

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Actualité - 2 novembre, 2011
Un jour avant l'ouverture à Rotterdam, de la première bourse internationale consacrée à la biomasse, Greenpeace publie un rapport, intitulé « Biomasse ou biomascarade ? » mettant en évidence la nécessité d'accompagner – notamment au niveau européen - le boom sur biomasse de critères de durabilités stricts.

>> Lire le rapport « Biomasse ou biomascarade ? »

Le boom de la biomasse doit nous inciter à la prudence. Utilisée massivement comme source d'énergie est représente une menace pour les forêts.

Très souvent, la biomasse est évoquée comme solution énergétique idéale pour le climat. C'est vrai qu'a priori l'idée de brûler des déchets végétaux en lieu et place de combustibles fossiles semble tout à fait indiquée. Sous l'impulsion notamment de l'Union européenne qui légifère pour  promouvoir les énergies renouvelables, la biomasse connaît un véritable boom. Avec cette demande croissante, il n'est plus toujours question de brûler des déchets. Il arrive que l'on produise de la biomasse - càd des matières végétales - à des fins énergétiques. Lorsqu'il est question de forêts, cela veut dire que l'on n'utilise plus uniquement des déchets (copeaux, branches, résidus de scierie etc) mais bien des arbres entiers prélevés dans des forêts naturelles. C'est le cas au Canada, un des grands pays producteur de la biomasse forestière.

700% d'augmentation

Cette production connaît une progression fulgurante. En 2010, l'Union européenne a importé 2,5 millions de tonnes de pellets ou de granulés de bois. Ensemble, les Pays-Bas, Le Royaume-Uni et la Belgique ont importé 1,2 millions de tonnes du Canada dont 70% contenant des fibres provenant des forëts. Ce qui représente une augmentation de 700% enregistrée en moins de 8 ans. Une tendance visiblement appelée à se confirmer.

« Des forêts naturelles et uniques au monde comme les forêts boréales ou tempérées du Canada risquent de partir en fumée, explique An Lambrechts, de la campagne Forêts de Greenpeace. Et, ce sacrifice sera doublement inutile parce que beaucoup d'éléments indiquent que le pouvoir calorifique des pellets n'est pas suffisant pour offrir une réponse adéquate au réchauffement climatique, si l'on tient compte du CO2 libéré suite à l'exploitation des forêts. »

Généralement, présentée comme ne libérant pas de CO2, la biomasse affiche une dette carbone importante. Il faut plusieurs décennies - voire plus d'un siècle - pour que de nouveaux arbres n'arrivent à maturité et puissent absorber l'équivalent du CO2  libéré lors de la combustion de la biomasse.

Des critères stricts
Au sein de l'Union européenne, la Belgique et ses Régions doivent soutenir le principe de 20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020 mais revoir la manière d'y arriver. Il faut entre autres éviter la biomasse forestière issue de forêts naturelles et assortir la production de la biomasse forestière de critères de durabilité contraignants.

Ne pas se tromper d'énergie renouvelable

Dans le contexte énergétique actuel, il ne faut pas accorder à la biomasse la place d'autres sources d'énergies renouvelables présentant de meilleures performances énergétiques et ne surtout ne pas l'utiliser pour faire oublier que la première mesure à prendre pour obtenir un nouveau mix énergétique reste l'efficacité énergétique et les économies d'énergie. Il ne faut par exemple pas se laisser leurrer par l'utilisation de biomasse dans des anciennes centrales au charbon. Le rendement n'y est  pas suffisamment important.

 

Pour en savoir plus:
>> Question fréquentes sur la biomasse
>> Rapport « Biomasse ou biomascarade ?
>> Briefing "Biomasse"

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