Déforestation et crédits CO2 : la réalité derrière les belles intentions...

Actualité - 16 octobre, 2009
Greenpeace vient de publier un rapport, intitulé "Carbon Scam", qui prouve l’inefficacité des accords de “compensation carbone”. Le principe de ces accords est de permettre aux entreprises des pays industrialisés de poursuivre leurs émissions de gaz à effet de serre en échange d’un investissement dans la protection d’une zone forestière dans un pays en développement. La déforestation évitée dans ces pays “autoriserait” ces entreprises à poursuivre leurs activités polluantes dans leur pays d’origine.

L'Arctic Sunrise, un des navires de Greenpeace dans la forêt amazonienne au Brésil.

En 1997, trois géants américains de l'énergie ont signé un accord de ce type avec le gouvernement bolivien, le projet  Noel Kempff Climate Action (NKCA). Ce projet estgénéralement présenté comme étant un projet émblématique pourles compensations accordées sous forme de droits d'émissions deCO2 à tout investisseur dans la lutte contre ladéforestation. Lenouveau rapport de Greenpeace est consacré au projet bolivien et dénonçant le rôle qu'y jouent des géants des énergies fossiles (charbon et pétrole).

Le nouveau rapport s'intéresse à la manière dont American Electric Power, BP et Pacificorp sont impliqués dans logiquetrompeuse des “crédits carbone” (droit d'émission deCO2). Un des principaux apports du document est de montrer comment le projet initial de stocker du C02 par le maintien des forêts n'a pas été rencontrés.

Notre rapport prouve que ce projet ne permet pas de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre et ne réduit pas significativement la déforestation. En outre, il n'offre pas de bénéfice durable aux populations locales. En réalité, les projets de ce type sont une fausse bonne idée.

Le rôle que les forêts peuvent jouer dans la lutte contre les changements climatiques semble de plus en plus évident. La déforestation est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre planétaires. Aussi, éviter de perdre les dernières forêts anciennes est essentiel non seulement pour la biodiversité qu'elles abritent mais aussi pour le climat.