La Belgique n'échappe pas aux changements climatiques

l'UCL présente un rapport sur les impacts des changements climatiques en Belgique

Actualité - 23 septembre, 2004
A la demande de Greenpeace, des scientifiques de l'UCL (Université Catholique de Louvain) ont coordonné un rapport sur les impacts des changements climatiques en Belgique. Jean-Pascal van Ypersele et Philippe Marbaix, auteurs du rapport, ont systématiquement analysé les conséquences, pour la Belgique, d'une augmentation des températures. Le rapport montre clairement que la Belgique ne sera pas épargnée.

La Belgique n'échappe pas aux changements climatiques

D'ici la fin du siècle, la température moyenne augmentera de 1,7 à 4,9ºC durant l'hiver et de 2,4 à 6,6ºC durant l'été (comparé aux températures de la fin du 20ème siècle). Les précipitations augmentent de 6 à 23% l'hiver. L'été, on peut s'attendre à une évolution comprise entre le statu quo et une baisse des précipitations allant jusqu'à 50%.

En d'autres termes: les hivers froids disparaîtront progressivement, mais les canicules comme celle de l'été 2003 deviendront plus fréquentes. Très probablement, les inondations augmenteront, tandis que les pénuries d'eau seront plus fréquentes à la belle saison.

Notre côte subira elle aussi les conséquences des changements climatiques: augmentation de l'érosion des plages, inondations lors des tempêtes et déplacement vers l'intérieur ou disparition des zones naturelles humides.

Les effets sur la biodiversité se font déjà ressentir au niveau de l'Europe. Des espèces telles que libellules, fourmis et papillons se déplacent des régions chaudes vers le nord. Dans le futur, des espèces d'arbres comme le hêtre et le chêne pourraient ne plus trouver chez nous un climat favorable à leur développement.

Les changements climatiques toucheront avant tout les populations pauvres des pays en développement, mais ils modifieront également notre quotidien en Belgique. La canicule de l'été 2003 a causé une surmortalité de près de 1.300 cas. De tels étés pourraient devenir la norme avant la fin du siècle. Un autre phénomène connu en Belgique est l'augmentation du nombre de cas de maladie de Lyme. Ceci pourrait s'expliquer par la progression des tiques vecteurs de cette maladie suite à l'augmentation des minima journaliers de température.

D'ici la fin du siècle, le niveau de la mer augmentera de 9 à 88 cm. Bien sûr, la Belgique pourra se protéger en rehaussant le niveau des digues. Mais d'ici 1.000 ans, un scénario moyen pourrait conduire à une élévation de 8 mètres. Avec une telle hausse, c'est plus du dixième du territoire belge qui serait sous le niveau de la mer, dont des villes comme Anvers et Knokke.

Bien sûr, la lutte contre les changements climatiques a un prix. Mais le coût de l'inaction sera bien plus élevé. Pour circonscrire les risques climatiques à certains écosystèmes, il est nécessaire de maintenir la hausse de température sous les 2°C par rapport à l'ère préindustrielle. Pour un pays industrialisé comme la Belgique, cela implique une réduction de 80% à l'horizon 2050. "J'espère que ce rapport contribuera à faire réfléchir", a déclaré le professeur van Ypersele lors de la présentation du rapport. "Nous n'avons pas de planète de rechange."