En route pour Copenhague

Actualité - 17 décembre, 2008
En confirmant le compromis émanant des chefs d’Etat et de gouvernement sur le paquet “Climat/Energie”, les parlementaires européens ont tristement capitulé dans la lutte contre les changements climatiques. Pire, ils n’ont su saisir l’opportunité qui leur était offerte d’exercer leur pouvoir démocratique… Un paquet “Climat/Energie” si peu ambitieux n’a naturellement pas réussi à influencer positivement les négociations de Poznan.

Parc éolien offshore.

Petit coup d'oeil dans le rétroviseur : vendredi 12 décembre, alors que Nicolas Sarkozy se félicitait d'un paquet législatif historique pour le climat, les ONG faisaient grise mine. La manipulation médiatique était en effet à son comble. Oui, le paquet "Climat/Energie" était bel et bien approuvé par les 27. Mais sur quelles bases? L'Union a souvent justifié l'ensemble législatif par les prescriptions des scientifiques du GIEC, mais on en semble aujourd'hui bien loin. Alors que le GIEC précisait que l'effort de réduction domestique des émissions des pays industrialisés devrait se situer, d'ici 2020, entre -25 et -40%, le paquet "Climat/Energie" se fonde sur une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre de l'Union pour cette date. Pire encore, pour certains secteurs, la grande majorité des efforts de réduction pourra être réalisée en dehors des frontières de l'Union. Ainsi, 75% de l'effort de réduction belge pour les secteurs du bâtiment, transport, agriculture et tertiaire pourra être satisfait par des investissements belges sur les autres continents. Concernant la directive relative à l'échange des droits d'émission (ETS), des permis de polluer gratuits pourront être alloués à près de 100% pour certains secteurs et en quantité également non négligeable pour les très polluantes centrales au charbon de certaines régions. On est bien loin de la volonté d'une mise en enchère généralisée de ces permis afin de respecter le principe du "pollueur - payeur".

Débats enlisés

Un paquet "Climat/Energie" si peu ambitieux n'a naturellement pas réussi à influencer positivement les négociations de Poznan. Les débats se sont, pour la plupart, enlisés et aucune décision notoire n'a pu être prise… La pression est dès lors rejetée sur les négociations de la dernière chance qui se tiendront dans un an à Copenhague.

Mais pour en revenir au paquet législatif européen, Greenpeace gardait l'espoir que le Parlement européen puisse, en séance plénière cette semaine, inverser la tendance et refuser les parties les plus faibles du compromis des chefs d'Etat. Il n'en fut rien… Le paquet laisse donc un goût amer, avec quand même deux lueurs d'espoir : la directive sur les renouvelables qui imposera une proportion de 20% d'énergie renouvelable au sein de l'Union d'ici 2020 et les possibilités offertes par le paquet d'augmenter le niveau d'ambition à une réduction de 30% d'émission de gaz à effet de serre d'ici 2020 en cas d'accord international sur cet objectif. Tous les regards sont dès lors déjà tournés vers Copenhague…