Electrabel a perdu face à Greenpeace

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Actualité - 1 janvier, 2015
« Vous avez l'énergie polluante » et nous avons le droit de le dénoncer. Par sept fois, le juge a donné tort à Electrabel dans les procès qu'elle avait initiés contre Greenpeace. C'est une bonne nouvelle, mais ces procès n'auraient jamais dû avoir lieu. De plus, les pratiques scandaleuses d'Electrabel qui nous avons mis en avant par le passé sont toujours d'actualité.

Nous pouvons être soulagés : la chambre du conseil du tribunal de première instance de Huy a mis totalement hors cause Greenpeace dans le procès qu'Electrabel avait initié contre l'organisation environnementale suite à une action menée à Tihange. Avant cela, Electrabel avait déjà échoué dans six autres arrondissements judiciaires où elle avait initié des procédures identiques.

L'existence de Greenpeace Belgique a été mise en péril. Fin 2006, Electrabel a injustement porté plainte contre l'organisation environnementale suite à un certain nombre d'actions spectaculaires. Greenpeace avait répandu du charbon devant le siège de l'entreprise à Bruxelles, mené des actions devant des centrales à charbon d'Electrabel et escaladé la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange.

En 2006 des activistes de Greenpeaceont escaladé la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange.

 

Non-lieu

Suite aux plaintes d'Electrabel, une enquête judiciaire a été menée du chef notamment d’association de malfaiteurs, menaces, dégradations volontaires, violation de domicile etc.
En mars 2007, une vaste perquisition a été menée dans les bureaux de Greenpeace Belgique. Plusieurs membres de l'organisation ont été interrogés.

En février 2011, la chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles, ordonnant un non-lieu, a décidé que Greenpeace ne devait pas comparaître au tribunal correctionnel. Précédemment Greenpeace avait déjà comparu devant la chambre du conseil à Gand, Oudenaarde et Termonde ; là aussi, à chaque fois, un non-lieu avait été ordonné.
Le verdict de Huy met fin à cette longue bataille dans laquelle la filiale de l'entreprise GDF-Suez a coulé. Pas une fois, mais sept fois les juges ont confirmé la légitimité de Greenpeace.

Responsabilité sociétale

C'est clair, nous ne sommes pas une « organisation criminelle ». A Gand, la chambre du conseil a  souligné que Greenpeace ne devait en aucun cas être considérée comme une organisation criminelle et que les activistes n'étaient pas condamnables non plus. Dans le passé, la Cour européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg avait clairement soulevé la question du rôle des organisations indépendantes telles que Greenpeace. Un rôle crucial, selon la Cour européenne, pour porter l'attention sur les questions de responsabilité sociétale.

Les pratiques scandaleuses d'Electrabel exposées par Greenpeace en 2006 sont encore d'actualité. « Electrabel : vous avez l'énergie polluante » disait Greenpeace à l'époque. En 2011, la part d'électricité verte reste faible. C'est surtout le cas pour ce qui est de la production d'électricité provenant de centrales à charbon vieillissantes et inefficaces où seul un faible pourcentage de biomasse est distillé. A Tihange, Greenpeace a déclaré que l'investissement dans les vieilles centrales nucléaires freinait le développement d'alternatives réellement plus propres.
Aujourd'hui, Electrabel est également mis sous les projecteurs pour ses prix d'énergie élevés, sa contestation d'une taxe sur le nucléaire et son influence auprès de personnes politiques haut-placées.

Greenpeace avait répandu du charbon devant le siège de l'entreprise à Bruxelles.

 

Un signal important

La mise hors cause de Greenpeace est donc un signal important mais ces procès n'auraient pas dû avoir lieu. Les ONG constatent avec inquiétude que les actions non-violentes sont criminalisées rapidement et de manière disproportionnée pour museler le franc-parler. Nous constatons malheureusement que des lois plus strictes et sévères conduisent à une angoisse qui influence les méthodes de la police et de la justice. En collaboration avec Amnesty International, Greenpeace a notamment organisé une conférence sur la question en février dernier.

Greenpeace se réjouit donc qu’ait été ébranlée cette tendance inquiétante d'une démocratie régressante par rapport à la protestation pacifique.

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