Fuite d'eau radioactive dans une centrale au Japon : le nucléaire reste une technologie risquée

Actualité - 17 juillet, 2007
Le violent tremblement de terre survenu le 16 juillet au Japon a provoqué une fuite d'eau radioactive et un incendie dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, l'une des plus grandes du monde. Greenpeace rappelle à quel point le nucléaire constitue une technologie vulnérable et dangereuse, qui menace l'homme et l'environnement.

La centrale japonaise de Kashiwazaki-Kariwa

L'épicentre du séisme, de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter, était situé à quelques kilomètres de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dont les sept réacteurs d'une puissance totale de 8.212 mégawatts alimentent en électricité la mégalopole de Tokyo, située à 250 km au sud. La secousse a provoqué une fuite d'eau radioactive et un incendie dans l'un des transformateurs. La centrale a été arrêtée et des vêtements et des gants potentiellement contaminés par des radiations ont été retrouvés par terre.

« Cette affaire nous rappelle encore une fois à quel point les centrales nucléaires sont vulnérables à l'égard des catastrophes naturelles. Elles constitue une menace sérieuse pour les populations et l'environnement aux alentours, déclare Jan Beranek, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace international. Il y a un risque réel au Japon, mais aussi ailleurs, de tremblements de terre plus importants, d'autres catastrophes naturelles, ainsi que d'actes de malveillance voire d'attaques terroristes qui pourraient conduire à des accidents nucléaires bien plus sérieux. »

Juste après le séisme, Tokyo Electric Power (Tepco), la compagnie qui exploite la centrale a commencé par mentir sur les véritables impacts de l'incendie et affirmer qu'il n'y avait pas de danger de fuite radioactive. Voilà qui rappelle la façon dont, en Allemagne, l'industrie nucléaire a géré un incendie survenu en juin dernier dans la centrale de Krummel. Les responsables ont déclaré en premier lieu que l'incendie n'avait pas eu d'impact sur la sûreté du réacteur. En réalité, il a conduit à des disfonctionnements importants, qui selon l'autorité de régulation nucléaire allemande, menaçaient directement la sécurité du réacteur.

Au Japon, ces incidents et leur gestion si peu transparente vont sans doute augmenter l'opposition de l'opinion japonaise à l'égard de l'industrie nucléaire, régulièrement blâmée pour son manque de transparence. D'autant que ces derniers mois, plusieurs compagnies ont reconnu avoir caché au public et aux autorités des dizaines d'incidents survenus entre 1978 et 2002.

En mars dernier, on s'est aperçu que la compagnie Hokuriku n'avait pas informé le public et les inspecteurs nucléaires d'un incident important dans la centrale de Shika.

En avril 2006, 40 litres d'un liquide radioactif contenant du plutonium ont été accidentellement déversés dans la toute nouvelle usine de retraitement de Rokkasho-Mura, tandis que dans la centrale nucléaire de Mihama, une rupture de conduite tuait 5 employés.

En 2003, centrale de Kashiwazaki-Kariwa, celle qui a été atteinte par le récent séisme, avait déjà été fermée sur ordre des autorités et pour vérifications pendant quarante jours, après que Tepco a admis avoir falsifié ou ignoré à 29 reprises des conclusions d'inspecteurs faisant état de fissures dans les réacteurs.

Et en septembre 1999, les employés d'une usine de combustibles à Tokaimura ne respectant pas certaines procédures, ce qui conduit à une réaction en chaîne incontrôlée qui dura plusieurs jours. Trois employés sont morts des suites de la forte irradiation, et la population locale avait été évacuée.

« Le nucléaire fait obstacle aux vrais solutions contre les changements climatiques, en détournant les ressources et les investissements qui pourraient être utilisés pour le développement massif des renouvelables, sources d'énergie sûres, propres, inépuisables et à la disposition de tous, conclut Jan Beranek. De plus, avec les changements climatiques, les risques de catastrophes naturelles vont se multiplier, rendant plus vulnérables encore les centrales nucléaires et menaçant notre sécurité. »