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Le climat se réchauffe

Désastre climatique au 16 rue de la Loi, Greenpeace exhorte le gouvernement à passer à l'action

Actualité - 5 décembre, 2003
Cet après-midi, une trentaine de militants de Greenpeace ont entrepris de protéger le 16 rue de la Loi d'un désastre climatique. Une situation à redouter si le gouvernement maintient son immobilisme en matière de lutte contre les changements climatiques. Des calicots ont été déployés, exhortant le gouvernement à se mouiller pour le climat.

Il est temps pour le gouvernement d'agir!

Greenpeace déplore le manque d'action dont le gouvernement a fait preuve jusqu'à présent et estime que les récentes déclarations de la Ministre de l'environnement, Freya Van den Bossche, doivent être transformées en actes sans plus attendre. Le lamentable marchandage communautaire auquel on a assisté jusqu'à présent en Belgique en matière de répartition des réductions des émissions de gaz à effet de serre explique que notre pays soit un des plus mauvais élèves de la classe européenne. Sans une politique déterminée, le dérèglement du climat, dont les conséquences commencent à se faire sentir, modifiera profondément nos modes de vie. Comment vivra-t-on en 2050 ? C'est la question posée depuis une quinzaine de jours par les militants de l'organisation de protection de l'environnement, qui parcourent la Belgique en costumes d'hommes et de femmes-grenouilles.

Depuis la ratification du Protocole de Kyoto par la Belgique, en 1998, de nombreux éléments sont venus renforcer les craintes suscitées par les changements climatiques. Malgré cette avalanche de preuves scientifiques, la Belgique n'a toujours pas amorcé une politique cohérente de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

Plus de cinq ans après avoir ratifié Kyoto, nos gouvernants ne sont toujours pas parvenus à s'accorder sur une répartition du premier effort de réduction des émissions auquel notre pays s'est engagé , souligne Jean-François Fauconnier, responsable de la campagne Changements climatiques pour Greenpeace. Même si les représentants gouvernementaux qui y siégeront sont sur le point d'être nommés, la Commission nationale climat, pourtant annoncée pour septembre, n'a toujours pas été officiellement installée. Cet immobilisme est préjudiciable à l'ensemble de la société. Celui-ci est d'autant plus inadmissible que de nombreuses pistes existent pour que la Belgique honore le premier objectif pris dans le cadre de Kyoto.

La Belgique s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7,5% d'ici 2008-2012 (par rapport à 1990). A la place, à politique inchangée, la Belgique dépassera son objectif de Kyoto de 22,9% en 2010.

L'objectif de 7,5% est pourtant loin d'être insurmontable, poursuit Jean-François Fauconnier. La Belgique est particulièrement à la traîne, tant en matière d'efficacité énergétique qu'en matière d'énergies renouvelables. Ces deux pistes permettent à notre pays d'honorer aisément ses engagements internationaux. De plus, il ne faut pas perdre de vue que, pour empêcher les changements climatiques dangereux, une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 80% s'impose d'ici à 2050.

Certains semblent redouter les effets de Kyoto sur l'économie belge. Pourtant, prises à l'intérieur de nos frontières, les mesures permettront de créer de nombreux emplois et auront un impact bénéfique sur la santé publique, tout en garantissant à la population un environnement de qualité. La mise en œuvre 'en interne' des objectifs de Kyoto devrait également permettre à l'industrie belge de mieux se préparer aux réductions plus importantes nécessaires pour la deuxième phase de Kyoto (au-delà de 2012). Comment ? En stimulant le potentiel d'innovation et en conservant les capacités d'investissement des entreprises. Ces mesures permettront en outre d'assurer à la Belgique une plus grande indépendance énergétique. Sans oublier que les coûts de l'inaction sont potentiellement bien plus élevés que ceux liés aux changements climatiques, comme par exemple les inondations...

Les effets d'annonce auxquels on vient d'assister à propos de la ratification de Kyoto par la Russie ne doivent pas détourner le gouvernement de sa tâche. Greenpeace demande au gouvernement de ne pas perdre de vue son obligation ultime: empêcher les changements climatiques dangereux. Seule une mise en œuvre rapide du premier volet d'objectifs de Kyoto, combinée à la mise en place d'une politique à long terme visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 80% à l'horizon 2050, permettront au gouvernement de remplir ses obligations vis-à-vis de la population.

Comment vivrons-nous en 2050?

Lettre ouverte aux membres du gouvernement fédéral

Position à long terme de certains pays de l'Union européenne en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L'état de la cryosphère ou quand la glace nous en dit long...