Autorisation d'une pomme de terre OGM : un pas de plus vers l'irréparable

Actualité - 17 juillet, 2007
Une pomme de terre OGM va bientôt être autorisée par la Commission européenne. Il s'agira de la première autorisation de mise en culture d'un OGM depuis le maïs BT Monsanto 810 en 1998. Une majorité des ministres de l'agriculture des pays membres de l'Union se sont pourtant prononcés contre, lundi 15 juillet à Bruxelles, mais la majorité qualifiée n'a pas été atteinte. Greenpeace déplore que les gouvernements élus se déchargent une fois de plus de leur responsabilité au profit de la Commission.

Manifestation au Parlement européen à Bruxelles pour denoncer l'importance croissante des ogm dans l'agriculture.

6 pays se sont abstenus, 11 ont voté contre et 10 pour l'autorisation de mise en culture de la pomme de terre OGM de l'industriel allemand BASF… Faute de majorité dans un sens comme dans l'autre, la décision va donc revenir à la Commission. « Nous déplorons une fois de plus cette procédure biaisée : à chaque fois la Commission européenne dit oui en se basant sur l'avis de l'autorité européenne de sécurité des aliments » déclare Arnaud Apoteker de Greenpeace.

Ceci se vérifie également pour la Belgique qui en votant 'pour' la patate transgénique n'a pas respecté le point de vue des nombreux Belges qui n'ont jamais fait mystère de leur opposition aux organismes génétiquement modifiés. En votant de la sorte, la Belgique n'a probablement pas évalué à sa juste valeur les conséquences d'une telle autorisation. Si l'on ne doit pas craindre de consommer directement des frites OGM, le feu vert donné par la Commission européenne ne sera pas sans conséquence.

La pomme de terre BASF contient un gène de résistance à la néomycine et à la kanamycine, des antibiotiques réservés au traitement des infections aigües. « La résistance accrue des hommes et animaux aux antibiotiques est un grave problème médical. Utiliser des gênes résistants alors que ce n'est pas indispensable est tout à fait irresponsable ! » poursuit Arnaud Apoteker.

Contrairement aux affirmations de la Commission, l'utilisation de cette pomme de terre ne sera pas qu'à seule fin de production d'amidon pour l'industrie du papier. Certains résidus pourront servir à l'alimentation animale. Dans sa demande d'autorisation, BASF n'exclut d'ailleurs pas que cet OGM puisse être utilisé ou présent dans l'alimentation.

« En autorisant pour la première fois une pomme de terre OGM, la Commission va faire un pas de plus vers l'irréparable. Comme pour le maïs, le risque de contamination des cultures conventionnelles et biologiques, et donc de passage dans la chaîne alimentaire, ne peut être écarté » conclut Arnaud Apoteker.

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