Pas encore nés, déjà contaminés…

Actualité - 14 septembre, 2005
Une étude commanditée par Greenpeace et le WWF démontre à quel point les foetus sont confrontés à la présence in utero de substances dangereuses produites par l'homme. Intitulée "A Present for Life", cette étude a été réalisée au départ de 42 échantillons de sang maternel et de 27 échantillons de sang de cordons ombilicaux. Une vingtaine de substances dangereuses appartenant à 8 groupes chimiques différents y ont été identifiées. Bon nombre de ces substances avaient déjà été mises en évidence au cours d'analyses de poussières domestiques et du sang de personnalités politiques. Les substances toxiques découvertes dans les cordons ombilicaux interviennent dans la fabrication de produits de consommation courante. Certaines peuvent agir au détriment du bon fonctionnement des systèmes hormonaux et immunitaires. Le développement de certains organes peut également pâtir de leur présence intempestive.

Des analyses menées par Greenpeace montrent la présence de substances toxiques dans le sang du cordon ombilical.

Les substances chimiques identifiées dans les cordons ombilicauxinterviennent dans la fabrication de biens de consommation tels queboîtes de conserve, appareils électroniques, déodorants ou encoredentifrice. Il peut s'agir de phtalates, utilisés pour assouplir lesproduits en PVC et qui peuvent affecter le développement des organessexuels. Des retardateurs de flamme susceptibles d'entraîner, auprèsd'animaux, des problèmes d'apprentissage et de comportement ontégalement été détectés. Ces substances sont couramment utilisées dansle secteur électronique.

L'étude A Present for Life a aussi révélé la présence de moléculesentrant dans la fabrication de muscs artificiels utilisés notamment enparfumerie ainsi que des substances utilisées pour la fabrication dessurfaces anti-adhésives de type 'Téflon'.  Sans parler desalkylphénols utilisés comme émulsifiants ou du bisphénol-A utilisénotamment dans la fabrication de CD ou encore de l'agent antibactérientriclosan, considéré dans la législation européenne comme étant 'trèstoxique pour les organismes marins'. Cette dernière substance a étéidentifiée dans 50% des échantillons sanguins analysés à desconcentrations de 0.5 à 5.0 ng/g (nanogramme par gramme) de sérum.L'impact de telles concentrations sur l'organisme d'enfants à naîtredemeure très largement inconnu.

La proposition de loi REACH offre à l'Union européenne une occasionunique d'agir pour protéger les êtres humains et leur environnement deseffets pernicieux de substances chimiques dangereuses comme de placerleurs producteurs face à leurs responsabilités. Greenpeace et le WWFs'adressent aux législateurs pour qu'ils prennent en compte les enjeuxvéritables de cette problématique pour la santé publique etl'environnement en s'assurant que les substances chimiques les pluspréoccupantes soient identifiées et éliminées. Pour ce faire, il estnécessaire de rendre obligatoire la substitution de substancesdangereuses par des alternatives plus sûres.