Greenpeace organise un carwash au pétrole

Six mois après le drame dans le Golfe du Mexique

Actualité - 20 octobre, 2010
Pour lancer son rapport Steering Clear of Oil Disasters, Greenpeace a installé un dispositif rappelant le décorum accompagnant traditionnellement la présentation des voitures énergivores et qui sont indirectement à l'origine des marées noires. Les véhicules ont été symboliquement badigeonnés de «pétrole». Le nouveau rapport de Greenpeace permet d'évaluer la quantité de pétrole qui pourrait ne pas être consommée par le secteur Transport.

Des véhicules ont été symboliquement badigeonnés de «pétrole», aux alentours de l'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles.

L'action symbolique s'est déroulée aux alentours de l'ACEA (Association des Constructeurs Européens d'Automobiles), et a impliqué le maquillage de trois véhicules énergivores par une vingtaine de militants. « Ces véhicules énergivores sont à la base d'une course particulièrement polluante. Pour satisfaire la demande en hausse dans le transport , il faut forer de plus en plus loin en mer, dans les sables bitumineux ou encore dans l'Arctique. Les constructeurs automobiles se font encore tirer l'oreille lorsqu'il est question de rendre leurs véhicules moins gourmands.

C'est pourquoi, affirme Joeri Thijs de la campagne Transport de Greenpeace en Belgique, ils sont co-responsables de catastrophes comme celle de la plate-forme Deepwater Horizon. Pour nous en prémunir, il faut éliminer la nécessité d'entreprendre des forages dans des endroits aussi risqués.»

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Réduire de 8% la consommation de pétrole

Dans la foulée de l'action, Greenpeace publie un rapport intitulé "Steering Clear of Oil Disasters". Ce rapport établit que si l'Union européenne pouvait mettre en place une série de normes ambitieuses pour les émissions de CO2 des voitures et des véhicules utilitaires légers (camionnettes et autres fourgonnettes) et ce, à l'horizon 2030, la consommation globale de pétrole en Europe pourrait diminuer de 8% ou de 13% dans le secteur transport (par rapport à un scénario business as usual).

Ces mesures permettraient de tarir complètement la nécessité d'importer du pétrole extrait dans des zones dangereuses avec un risque environnemental élevé. La réduction de CO2 que l'on pourrait attendre serait - à l'échelon européen - de l'ordre des 186 millions de tonnes. 42 milliards de dollars pourraient ainsi être annuellement épargnés sur nos importations de pétrole brut.

Le secteur des Transports est à la traîne par rapport à l'effort international pour lutter contre le réchauffement planétaire. « Le lobby de l'automobile avance qu'il est difficile d'atteindre les objectifs de réduction de CO2. Or, des avancées technologiques récentes ont démontré que la consommation des véhicules utilitaires légers peut facilement être réduite, conclut Joeri Thijs. » En 2007, plusieurs modèles particulièrement prisés ont présenté des réductions de l'ordre des 10%. Des propositions avancées par la Commission européenne exigeraient une réduction des émissions de CO2 de 14% entre 2007 et 2016.

Véhicules utilitaires légers

Greenpeace invite le parlement européen à reconnaître le lien entre l'efficacité des véhicules et la pollution résultant de l'extraction de pétrole en renforçant, en conséquence, les normes de réductions de CO2 pour les véhicules utilitaires légers lors du vote en séance plénière qui aura lieu le 23 novembre prochain. La présidence belge pourrait faire oeuvre utile en orientant les discussions vers l'adoption de normes réellement ambitieuses pour cette catégorie de véhicules.