Mise à jour 15 juin 2015 – En France, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, vient d’annoncer une interdiction des produits contenant du glyphosate, comme le RoundUp. Les détails et le timing ne sont pas encore connus mais au moins, il s’agit d’un premier engagement. Les autorités néerlandaises sont sur la même voie et vont interdire l’utilisation des pesticides par les particuliers dès la saison de floraison 2016. Enfin, la Colombie et le Sri Lanka ont eux aussi interdit tout produit à base de glyphosate.

Et en Belgique ? Le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio, a déjà proposé de retirer des rayons le glyphosate. Mais la ministre compétente au niveau fédéral, Maggie De Block, ne réagit pas. En réponse à un courrier écrit par notre coalition, les ministres Willy Borsus et Maggie De Block ont simplement fait savoir qu’ils « suivaient » l’affaire et qu’ils attendaient la réponse de l’agence européenne pour la sécurité alimentaire.

Quant aux magasins de bricolage proposant du RoundUp et autres produits similaires, ils attendent la décision du gouvernement belge… Mais ils pourraient ne pas attendre et suivre l’exemple de chaînes en Europe qui ont pris les devants en la matière. C’est le cas de Intratuin, Praxis, Groenrijk et Ranzijn aux Pays-Bas, Toom en Allemagne, Migros et Coop en Suisse. Ils ont prouvé que c’est possible.

Vous souhaitez encourager les chaînes de magasins à interdire les désherbants nocifs ?

 

30 avril 2015 - Greenpeace fait partie d’une vaste coalition qui exige l’interdiction d’utilisation de produits contenant du glyphosate, utilisé à grande échelle depuis 1974 en tant qu’herbicide. Il se retrouve notamment dans le RoundUp, le désherbant mondialement connu de Monsanto.

Cancérigène probable

Ce produit n’est clairement pas aussi sûr pour l’homme et l’environnement qu’on veut souvent nous le faire croire. A la mi-mars, le Centre International de recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé a jugé le glyphosate comme étant « cancérigène probable » pour l’homme. Cette conclusion a été tirée après analyse de diverses études qui ont mis en avant le risque de l’utilisation du glyphosate sur les agriculteurs et groupes vulnérables, tout comme son impact sur les mammifères.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, les produits contenant du glyphosate sont en vente libre dans les supermarchés ou magasins de bricolage. Des alternatives sont rarement proposées. Vous avez des mauvaises herbes entre les dalles de votre terrasse ou sur votre pente de garage ? Le glyphosate est LA solution ! C’est ce qu’on veut vous faire croire. Or, il est certain à présent qu’un tel produit, qui élimine les mauvaises herbes jusqu’à la racine, ne peut être sain !

S'en passer !

Qu’attendent les autorités pour interdire ce produit par les particuliers? Elles connaissent les dangers des pesticides. « Ces produits ont bien sûr leur efficacité, mais ils sont néfastes pour la santé et la nature. Ils polluent l’eau et l’air et rendent les plantes et les animaux malades », peut-on lire en substance sur le site de la Vlaamse Milieumaatschappij. Depuis janvier 2015, les services publics doivent faire des démarches pour éliminer l’utilisation des pesticides et herbicides. Les services publics en Flandre ne sont d’ailleurs déjà plus autorisés à les utiliser.

Les chaînes de magasins quant à elles sont libres de décider de retirer le glyphosate des rayons pour le remplacer par des alternatives. Car il n’y a pas que le choix entre utiliser du glyphosate ou retirer les mauvaises herbes à la main. Les brûleurs au gaz par exemple sont sans danger pour votre famille et pour la biodiversité de votre jardin.

Aux Pays-Bas, ça bouge

Les autorités néerlandaises ont déjà appris la leçon et planifient une interdiction d’utilisation  du glyphosate pour les particuliers à partir du printemps 2016. Les chaînes néerlandaises Intratuin et Praxis ont quant à elles déjà éliminé le glyphosate de leurs magasins

Il est temps que la Belgique fasse à son tour des démarches. C’est pourquoi nous avons envoyé un courrier aux ministres de la Santé et de l’Agriculture (Maggie De Block et Willy Borsu) et à différentes chaînes de magasins.

Préoccupation partagée

De nombreuses organisations partagent notre inquiétude et ont signé à leur tour le courrier : Kom op tegen Kanker, Test-Achat, Gezinsbond, Bond Beter Leefmilieu, Velt, IEW, Nature & Progrès, La Ligue des Familles et Alliance for Childhood.

En tant que consommateur, vous pouvez aussi augmenter la pression. Informez-vous à propos des alternatives possibles dans votre magasin. Si la demande est là, les magasins finiront par bouger et proposer des alternatives.

Cliquez ici pour en savoir plus et connaître les alternatives au glyphosate.