Action au Parlement ! Des activistes de Greenpeace y dénoncent les pratiques de la ministre Marghem pour prolonger coûte que coûte Doel 1 et Doel 2 jusque 2025 et réclament des alternatives énergétiques durables.

Nous ne pouvions pas rester les bras croisés. La mascarade énergétique a trop duré. Alors que le projet de loi pour prolonger Doel 1 et Doel 2 jusque 2025 doit être voté dans quelques instants au Parlement, des activistes de Greenpeace ont déployé des bannières en séance plénière. Avec un message très clair à l’attention de la ministre Marghem : "No more lies, clean energy now".

Que les partis de la majorité envisagent de voter sans vergogne la prolongation des vieux réacteurs de Doel 1 et Doel 2 est révélateur du manque de vision énergétique de notre pays. Et du peu de considération qu’ils ont pour le citoyen belge. Greenpeace ne peut accepter que nos dirigeants soient "vendus" à Electrabel. L’organisation environnementale n’hésitera pas, si nécessaire, à examiner les possibilités de recours, à l’instar d’une plainte au Comité d’application de la Convention d’Espoo.

Illégal et anti-démocratique

Car le projet de loi de la ministre Marghem est illégal et anti-démocratique. Les avis du Conseil d’Etat sont formels à ce sujet : le projet de loi actuel pour prolonger Doel 1 et Doel 2 ne respecte pas les conventions internationales d’Espoo et d’Aarhus, qui impliquent une étude d’incidence environnementale et une consultation publique en cas de prolongation de vieux réacteurs nucléaires. Et le jugement rendu récemment par un tribunal de Bruxelles n’y change rien, d’autant que celui-ci ne s’est pas prononcé sur l’application de la législation !

La ministre Marghem et ce gouvernement se croient visiblement au-dessus de leurs obligations internationales. Marie-Christine Marghem n’a pas hésité à mentir au Parlement, à plagier et à adapter à sa guise un avis d’un bureau d’avocats indépendants. Elle ignore également les recommandations du Conseil d’Etat, dénigre cette instance extrêmement respectée et préfère réduire la population belge au silence. Tout ça au profit du nucléaire et d’Electrabel. Nous ne pouvons l’accepter. Une Ministre doit elle aussi  respecter des règles internationales.

Un véritable plan B

Pour Greenpeace, ce projet de loi est également contreproductif et dangereux. Nos vieilles centrales sont à la base des problèmes de sécurité d’approvisionnement en Belgique. Les maintenir en activité plus longtemps n’apportera aucune solution cet hiver (leur disponibilité s’annonçant plus que compromise vu le retard accumulé sur l’agenda politique) et ne fera qu’empirer la situation à plus long terme. Qu’attend donc la ministre pour élaborer un véritable plan B ? Pourquoi ne pas profiter d’une interconnexion renforcée avec les Pays-Bas afin de garantir notre sécurité d’approvisionnement à court terme ?

Au lieu d’opter pour des alternatives durables comme le renouvelable et l’efficacité énergétique, la ministre Marghem organise elle-même le black-out en s’accrochant coûte que coûte à une énergie révolue et non-fiable. Oui, cette mascarade doit vraiment cesser.