Aujourd’hui, je suis monté avec environ 70 volontaires Greenpeace dans des canoës sur le canal Albert à Langerlo (Limbourg), les bannières à la main. Titus, mon fils de 7 ans, était également présent pour sa première action Greenpeace. Avec cette action près de Genk, nous nous opposons au projet insensé de transformer la dernière centrale à charbon du pays – qui a fermé ses portes au printemps dernier – en centrale à biomasse aussi polluante et par ailleurs hyper subventionnée. Le groupe estonien Graanul Invest, le nouveau propriétaire, a récemment entamé les préparations pour la transformation.

La biomasse n’est pas si pure…

Les arbres absorbent du CO2. La combustion de bois est par conséquent CO2 neutre car la quantité de CO2 libérée lors de la combustion de granulés de bois est égale à la quantité que les arbres ont absorbée lors de leur processus de croissance,” voilà le raisonnement des partisans de la biomasse. Pour les mêmes raisons, l’Europe la considère toujours comme source d’énergie durable.

Pourtant, les résidus des émissions de CO2 d’une centrale à biomasse restent pendant des décennies dans l’atmosphère et contribuent ainsi au réchauffement climatique. Ce n’est qu’après 30 ans que le CO2 est plus ou moins absorbé par de nouveaux arbres à condition qu’ils ne soient pas abattus auparavant. Dans le meilleur des cas, les émissions de Langerlo seront compensées au moment où Titus aura mon âge. Beaucoup trop tard bien évidemment.

La combustion de bois à grande échelle pour la production de l’électricité n’est guère une amélioration par rapport aux centrales à charbon. La demande croissante de la biomasse sollicite davantage les forêts dont nous avons besoin plus que jamais afin de pouvoir maîtriser le réchauffement de la planète. Langerlo émettra d’ailleurs annuellement autant de particules fines que 1,2 million de voitures. Le Limbourg mérite mieux !

Pas de subventions pour la pollution atmosphérique !

Nous sommes en mesure de garantir notre approvisionnement énergétique et de réaliser nos objectifs d’énergies renouvelables sans avoir recours aux grandes centrales à biomasse, ce qui serait favorable à l’environnement et au budget. En optant pour l’énergie éolienne et solaire, des milliards d’euros pourraient être économisés. Des projets similaires à Langerlo nécessiteraient par contre des subventions permanentes afin de rester rentables.

La centrale de Langerlo recevrait 2 milliards d’euros sur une période de 10 ans. Par l’intermédiaire de la taxe énergétique flamande, aussi appelée la Turteltaks, tous les Flamands paient pour une centrale polluante dont personne ne veut. Sans Langerlo, la Turteltaks pourrait diminuer et nous pourrions nous concentrer sur les économies d’énergie, la chaleur verte et les énergies solaire et éolienne.

J’espère que Bart Tommelein, le ministre flamand de l’énergie, a compris le message de nos volontaires. Il devrait clarifier rapidement la situation pour les salariés de Langerlo mais également pour les habitants de la région. Ils sont confrontés au remplacement d’une centrale polluante par une autre avec des conséquences néfastes pour la qualité de l’air et pour la santé. Le Limbourg possède le potentiel pour créer des emplois durables au niveau de l’économie d’énergie, les énergies solaire et éolienne et la recherche et le développement. La biomasse à grand échelle est dépassée. Titus et sa génération exigent une énergie vraiment verte !