Sur le plan énergétique, l’Allemagne est un modèle. Cette évidence est ressortie du congrès sur la transition énergétique allemande organisé ce vendredi au Parlement fédéral par Greenpeace, le WWF et Bond Beter Leefmilieu. En Allemagne, les sources d'énergie verte ont pour la première fois dépassé les autres fournisseurs d'électricité en 2014, alors qu'en Belgique, les investissements dans les énergies renouvelables restent à la traîne. Il est grand temps d’inverser cette tendance.

Une politique d’avenir qui porte ses fruits

Plus de 100 personnes avaient rallié le Parlement ce vendredi pour écouter divers orateurs du secteur énergétique allemand. Ceux-ci ont insisté sur le rôle joué par la population dans l’Energiewende. 42% des installations d’énergies renouvelables sont en effet la propriété des citoyens, de quoi produire leur propre électricité et favoriser la révolution énergétique. En misant sur le renouvelable, l’Allemagne peut à la fois fermer ses centrales nucléaires et diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.

Le contraste entre cette voie d’avenir et la politique énergétique belge est frappant. Notre politique énergétique souffre depuis de nombreuses années d’un profond marasme causé par un manque de vision à long terme. Les investissements dans la production d’énergies renouvelables restent à la traîne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2014, les énergies renouvelables constituaient 27,3 % de la production d’électricité allemande. Une part de 65 % d’électricité verte d’ici 2035 semble à présent être à portée de main de nos voisins. En Belgique, la part d’électricité verte n’était que de 12,3% en 2013...

Chez nous, c'est surtout la lenteur des investissements dans l’énergie solaire (voir graphique ci-dessous) qui interpelle. Bien que le prix des panneaux solaires ait baissé à un point tel qu’ils sont désormais rentables sans subventions, le nombre de nouvelles installations a connu l’an dernier un niveau historiquement bas. Un phénomène principalement dû à des changements politiques incessants et à une perception incorrecte du coût des panneaux solaires.

Marché des panneaux solaires en Belgique en MWc (à fin 2014), source : APERe, CWAPE, VREG.

L’énergie verte comme base énergétique

Continuons de la sorte et nous produirons seulement 28 % de notre électricité à partir d’énergie renouvelable en 2030. Jouons plutôt la carte de la politique durable et nous pourrons produire 54 % d’électricité renouvelable en 2030. Et là, pas question de craindre pour notre sécurité d’approvisionnement énergétique !

Les débats au Parlement ont en effet clairement démontré que les discussions au sein du secteur de l’énergie ne portaient plus sur une quelconque base énergétique supposée compenser le "caractère variable" de sources telles que le soleil et le vent. De nombreux experts affirment en effet qu’un système énergétique flexible avec une part importante d’énergies renouvelables est tout à fait possible à condition d’ajuster de manière adéquate le réseau, d’utiliser ponctuellement d’autres sources telles que, par exemple, des centrales modernes au gaz et de gérer la demande de façon optimale.

Un accord énergétique ambitieux

Une politique énergétique claire et tournée vers l’avenir doit aussi voir le jour chez nous. Greenpeace soutient à 100% la demande de plus en plus populaire d’un accord énergétique définissant clairement la politique énergétique belge. La transition énergétique allemande devrait nous servir de référence. Car pour garantir une énergie durable, sûre et abordable, une seule voie existe et elle passe par la fermeture progressive des centrales nucléaires et par un investissement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.