Lors d’une action non-violente menée en Espagne au large des îles Canaries ce matin, des bateaux de la marine espagnole se sont violemment interposés entre les zodiacs de Greenpeace et un navire de forage pétrolier de l’entreprise Repsol. Une activiste de Greenpeace a été hospitalisée et un autre militant légèrement blessé.
Suite à cette action, L’Arctic Sunrise a été mis sous séquestre mardi à Arrecife (Lanzarote – Canaries) par les autorités espagnoles.

Mise à jour du 26 novembre

L'Arctic Sunrise a enfin pu quitter, ce mercredi, le port d'Arrecife (Lanzarote), après paiement de la caution. Nous devions récupérer notre navire au plus vite afin de l'envoyer sur la voie d'une autre mission cruciale : être aux côtés des 17 militants espagnols de Greenpeace, poursuivis pour avoir mené une action de protestation pacifique à la centrale nucléaire de Cofrentes en 2011. Il n'y a pas une minute à perdre...

Mise à jour du 25 novembre

Suite à la lourde répression du gouvernement espagnol contre l’action pacifique sur le forage pétrolier de Repsol et suite à la saisie de l’Arctic Sunrise qui s’en est suivie, des activistes de Greenpeace Espagne ont affiché ce matin une bannière de 126 m2 sur le pont “Viaducto” rue Bailen à Madrid avec le message : “Défendre l’environnement : notre droit et notre devoir”.

Afin d’accélérer la libération de l’Arctic Sunrise, et de lui permettre de poursuivre sa mission d’action face aux grands pollueurs, la caution de 50 000 euros sera transférée aux autorités espagnoles. D’Arrecife aux Canaries, l’Arctic Sunrise fera route vers Valence, pour soutenir 17 militants poursuivis pour une action à la centrale nucléaire de Cofrentes en Février 2011.

À Valence, l’Arctic Sunrise continuera de porter notre message : la protestation pacifique, la manifestation citoyenne doivent être préservées, malgré la volonté affichée des gouvernements et des industriels de faire rétrécir l’espace d’expression démocratique.

Mise à jour du 20 novembre

Matilda est sortie de l’hôpital ce jeudi, et elle est en route vers chez elle, en Italie.
À Lanzarote, l’Arctic Sunrise est toujours à quai … le capitaine Pep Barbal est venu prendre le relais de Joel Stewart.



Mise à jour du 19 novembre

L’Arctic Sunrise, ce même navire qui avait été arraisonné il y a un an par les autorités russes, a été mis sous séquestre mardi à Arrecife (Lanzarote – Canaries) par les autorités espagnoles suite à l’action contre les forages pétroliers de Repsol.

Cette mise sous séquestre a été décidée alors même que démarrait mardi l’exploration pétrolière de la compagnie ! Après l’armée, la justice : selon le ministère de l’Équipement espagnol, une procédure a été ouverte visant Greenpeace pour n’avoir pas respecté une zone d’exclusion interdisant la navigation et la pêche. Le capitaine de l’Arctic Sunrise, Joel Stewart, ne peut pas bouger tant qu’une caution de 50.000 euros n’aura pas été déposée. L’Arctic Sunrise est lui bloqué à quai. Greenpeace risque une amende de 300 000 euros.
On ne nous fera pas taire, ni avec des amendes élevées, ni par des charges violentes contre les bateaux, ni avec des menaces.
Mises à jour à suivre !

Tôt ce samedi matin, des militants de Greenpeace venus de plusieurs pays ont embarqués à bord de zodiacs partis de l’Arctic Sunrise. Ils ont tenté d’approcher le navire de forage Rowan Renaissance pour protester contre les projets dangereux de Repsol. Cette compagnie pétrolière espagnole envisage une campagne de prospection pétrolière au large des côtes de Fuerteventura et de Lanzarote, deux îles de l’archipel des Canaries qui vivent essentiellement du tourisme…

Nos zodiacs ont été percutés violemment, à plusieurs reprises, par “l’Armada” espagnole.

Alors que les militants se dirigeaient vers le navire de forage en déployant des banderoles “Non à l’exploration pétrolière. Oui aux renouvelables”, ils ont été heurtés volontairement et à plusieurs reprises par trois canots de l’armée espagnole, partis du bateau patrouilleur Relámpago, posté dans la zone depuis vendredi.

La vidéo ci-dessous montre clairement ces attaques de la marine espagnole :

 

A la suite d’une collision, l’une de nos activistes de nationalité italienne, Matilda, âgée de 23 ans est tombée à l’eau et s’est blessée. Elle a été transportée en urgence vers l’hôpital de las Palmas. Elle a une jambe cassée a été opérée. Un second militant, légèrement blessé, a reçu des soins à bord de l’Arctic Sunrise.

Il s’agit de la première campagne menée par l’Arctic Sunrise depuis qu’il nous a été restitué par les autorités russes il y a quelques mois. En septembre 2013, il avait été saisi à la suite d’une autre action pacifique contre des projets de forage pétrolier dans l’Arctique.

Aux Canaries, les citoyens en résistance

Les projets de forage dangereux, entachés d’irrégularités, suscitent une opposition et une mobilisation au sein de la société civile. Rappelons que les Canaries vivent grâce au tourisme : les conséquences d’une marée noire dans cette région seraient catastrophique pour l’environnement et pour l’économie.

Le "Rowan Renaissance", navire de Repsol, a déjà rencontré divers problèmes techniques lors d’autres opérations de forage exploratoire, au large de la Namibie. De plus, le projet des Canaries n’est pas conforme aux exigences de plusieurs directives européennes. Greenpeace Espagne a d’ailleurs déposé une plainte auprès de la Commission européenne.
À seulement 11 km de la zone de forage, on trouve plus d’un tiers des espèces de cétacés menacées de la planète, et de nombreuses autres espèces en danger.
Les Canariens ne veulent pas d’un “Deepwater Horizon” au large de leurs côtes ! Dans le golfe du Mexique, l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon s’était produite justement pendant les activités d’exploration.



L’opposition locale au projet est forte : la société civile canarienne dans son ensemble, le gouvernement même des îles canaries, son président Paulino Rivero ainsi que le Parlement canarien ne veulent pas de ces forages ! Pourquoi ? Parce que le potentiel en matière d’énergies renouvelables des Canaries est immense et générerait plus d’emplois. Mais le gouvernement national de M. Rajoy soutient Repsol et fait tout pour que ces projets dangereux et dénués de bon sens aboutissent : il a notamment retardé la procédure de classement du site concerné en “zone protégée” et en a réduit la délimitation pour permettre à la compagnie pétrolière d’y poursuivre ses activités.

Trop de violences des autorités, un entêtement des politiques pour un projet illogique et inutile…

Les citoyens canariens, les organisations de protection de l’environnement comme Greenpeace n’abandonneront pas face à cette violence, et à ces pressions. De sa première action à aujourd’hui, Greenpeace a toujours été guidée par la même volonté de témoigner par l’action directe et non-violente. En effet, nous sommes convaincus que les individus peuvent empêcher pacifiquement que des atteintes soient portées à l’environnement, même quand elles sont le fait des plus puissants intérêts.

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