Au vu de l’évolution de la situation internationale et de l’arrivée de Trump à la tête de la puissance nucléaire américaine, le Bulletin of Atomic Scientists a réglé la « Doomsday Clock » sur minuit moins deux minutes et trente secondes. Cette horloge indique le temps qu’il nous reste pour éviter une apocalypse nucléaire. La Doomsday Clock n’a jamais été aussi proche de minuit, l’heure fatidique, depuis l’explosion de la première bombe H au cours d’un essai réalisé en 1953.

Et pourtant, les armes nucléaires auraient dû disparaître de la surface de la Terre depuis bien longtemps déjà. Le traité de non-prolifération, qui est entré en vigueur en 1970, prévoyait déjà que les puissances nucléaires officielles (les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni) allaient entamer sans délai des négociations qui devaient aboutir à un désarmement nucléaire total. Près d’un demi-siècle plus tard, cet engagement reste un vœu pieux...

Des armes de destruction massive illégales

Le 8 juillet 1996, la Cour internationale de justice de La Haye a rendu un avis sur la légalité des armes nucléaires. La Cour a considéré que la possession d’armes nucléaires, la menace à l’aide de celles-ci et le recours aux armes nucléaires étaient incompatibles avec les dispositions juridiques existantes figurant notamment dans le droit humanitaire, le droit des conflits armés et le droit de l’environnement. Autrement dit, les armes nucléaires sont des armes de destruction massive illégales.

La Conférence des Nations unies

Aujourd’hui se tient aux Nations unies une Conférence qui donnera lieu à une interdiction mondiale des armes nucléaires. Les États-Unis et leurs alliés membres de l’OTAN, dont la Belgique, boycottent cette conférence. Heureusement, la vaste majorité des États membres de l’ONU soutiennent bel et bien une interdiction des armes nucléaires, de sorte que la Conférence aboutira très probablement – à la majorité, contre une minorité – à un traité d’interdiction de celles-ci.

Cependant, la non-application du traité de non-prolifération et le mépris de l’avis de la Cour internationale de justice ont montré que le complexe militaro-nucléaire se souciait peu des plus hauts tribunaux et ignorait sans vergogne les traités internationaux.

Le club nucléaire

Entre-temps, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord ont rejoint le « club nucléaire » et procèdent allégrement à la modernisation de leur arsenal. Et la Belgique y participe sans scrupule. Cela fait déjà quelques décennies que la base aérienne de l’OTAN à Kleine Brogel abrite des bombes atomiques américaines du type B61. Des pilotes belges s’y entraînent à utiliser ces armes de destruction massive illégales avec leurs F16 belges. Et dans un proche avenir, les États-Unis veulent moderniser les B61.

La visite de Trump

Une raison suffisante pour clamer haut et fort à l’occasion de la venue de Donald Trump, mercredi et jeudi : « Make Peace Great Again! ».

La paix est un préalable essentiel à l’avènement d’une société solidaire et d’un environnement sain pour toutes et tous. L’édification de murs, le surarmement mondial et l’acharnement à conserver des armes de destruction massive nucléaires et illégales vont à l’encontre des intérêts de notre planète et font fi de l’urgence avec laquelle nous devons tous ensemble lutter contre le réchauffement climatique.

En tant qu’organisation indépendante et non violente, Greenpeace continue à s’opposer fermement à la militarisation et à l’armement.