La ministre Marghem a triomphalement annoncé ce mercredi avoir conclu un "accord équilibré" avec Electrabel pour prolonger la durée de vie de Doel 1 et 2. Encore une fois, on ne peut que douter de sa notion d’ "équilibre". Comme pour la convention sur la prolongation de Tihange 1, tous les avantages sont promis à Electrabel et tous les coûts à la charge du gouvernement… et donc du contribuable.

Le gouvernement se fait même encore davantage plumer puisque la taxe nucléaire a été revue à la baisse pour Doel 1 et Doel 2. Et alors qu’elle est de 70% dans le cas de Tihange 1, elle a aussi été réduite à 40% pour les quatre autres réacteurs belges (Tihange 2, Tihange 3, Doel 3 et Doel 4).

Quant à la contribution au soi-disant fonds de transition énergétique, il s'agit tout autant d'une pure tromperie. Premièrement, cette taxe n’apportera rien au gouvernement car Electrabel pourra la déduire de ses charges professionnelles. Et deuxièmement, cette prolongation des réacteurs Doel 1 et 2 bloquera complètement les investissements dans les énergies renouvelables. Seule une fermeture définitive de ces vieux réacteurs enclenchera une transition énergétique basée à 100% sur les renouvelables.

De la transparence

La ministre Marghem a prévu de présenter cet accord au parlement après l’été. Le Conseil d’Etat a en effet clairement affirmé à plusieurs reprises que de tels accords devaient être inscrits dans la loi. En laissant toutefois de nouveau la main à Electrabel au lieu d’en découdre d’abord avec les parlementaires, la ministre brûle les étapes et contrarie le processus démocratique.

Greenpeace exige que toute la transparence soit faite sur ces accords pris à huis clos. Aujourd’hui, nous avons demandé à la ministre Marghem de divulguer le texte complet de l’accord – ainsi que le calcul de la taxe nucléaire. Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures au cas où Marie-Christine Marghem n’accède pas à notre requête.