Tandis que notre action à Doel vit son deuxième jour, notre responsable de campagne énergie Eloi Glorieux était invité à s'exprimer sur l'éventuelle prolongation de Doel 1 et Doel 2 au Parlement. Prolonger d'aussi vieux réacteurs serait irresponsable. L'avenir n'est pas au nucléaire mais à une politique énergétique propre et durable, basée sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

Aujourd'hui se tenaient des auditions à la Chambre des représentants de Belgique sur l'éventuelle prolongation des vieux réacteurs nucléaires Doel 1 et Doel 2. Greenpeace était invitée à prendre part au débat et n'a pas manqué de faire clairement connaître son point de vue sur le sujet. Bien entendu, notre position n'était en rien comparable à celle défendue par d'autres intervenants tels qu'Electrabel, l'AFCN, l'ONDRAF ou encore le Centre d'Etude de l'Energie Nucléaire.

Lors de notre argumentation, nous avons rappelé à quel point nos vieux réacteurs étaient aujourd'hui vulnérables mais également souligné que l'énorme densité de population autour de nos centrales devait absolument être prise en compte. Ce qui signifie, en d'autres termes, que les critères pour prolonger la durée de vie de vieux réacteurs nucléaires en Belgique devraient être plus stricts que dans d'autres pays. On ne trouve en effet nulle part ailleurs en Europe une centrale nucléaire aussi proche d'une ville que ne l'est Doel d'Anvers. En cas d'accident à Doel, 1,5 million de personnes, dans un rayon de 30 km, devraient être évacuées ! En sommes-nous seulement capables ? Et si oui, sommes-nous réellement prêts à courir ce risque ?



Les compagnies d'assurance refusent elles-mêmes de couvrir les dégâts que causerait une catastrophe nucléaire car elles estiment le risque bien trop important. De plus, on retrouve très peu d'expérience probante à travers le monde entier lorsqu'il s'agit d'évoquer l'activité d'un réacteur nucléaire de plus de 40 ans. Le vieillissement naturel des réacteurs ne peut qu'augmenter le risque d'un accident, sans oublier les phénomènes de société tels que le terrorisme ou les actes de sabotage. De nouvelles données importantes qui n'entraient pas en ligne de compte au moment de la construction des réacteurs dans les années 1970 mais qui, désormais, renforcent le risque d'une catastrophe nucléaire.

Pourtant, bizarrement, un pays aussi nucléarisé que la Belgique n'a jamais estimé le coût socio-économique d'un accident nucléaire grave. Greenpeace l'a récemment fait. Conclusion : les dommages d'un telle catastrophe s'élèveraient entre 700 et 1400 milliards d'euros, soit près, au maximum, de 4 fois le PIB de notre pays. Greenpeace exige dès lors de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire qu'elle n'accepte aucun compromis en matière de sécurité et veille scrupuleusement à ce que nos vieux réacteurs répondent aux normes de sécurité d'aujourd'hui, appliquées aux nouveaux réacteurs.



Quant au gouvernement, convaincu qu'une prolongation de réacteurs aussi dépassés reste une solution d'avenir pour notre pays, Greenpeace attend de lui :

- qu'il impose la mise en oeuvre effective de mesures visant à "corriger" chaque défaut identifié lors des stress tests
- qu'il réalise une étude d'incidence sur l'environnement couplée à une consultation populaire
- qu'il établisse un nouveau plan d'urgence nucléaire, tenant compte d'un accident grave et élargi à l'ensemble du territoire
- qu'il qualifie d'illimitée la responsabilité des opérateurs et propriétaires de centrales nucléaires en cas d'accident grave

Trop cher ou techniquement infaisable ? Alors, il n'existe qu'une seule et unique solution : fermer définitivement ces vieux réacteurs nucléaires.

Cliquez ici pour un aperçu de nos trois journées d'action menées à Doel.