Après la parution dans la presse, hier, du calcul du coût de l’énergie à venir, réalisé pour le compte de Febeliec, la N-VA s’est précipitée pour remettre en question la sortie du nucléaire prévue. Et ce, parce qu’elle conclut que l’énergie coûtera encore plus cher si nous nous passons de centrales nucléaires.

Mais tant ce rapport que ces politiciens tiennent-là un raisonnement simpliste. En effet, l’énergie nucléaire engendre des coûts considérables qui ne sont pas (encore) connus et donc pas pris en compte. Par exemple, les opérateurs sont en grande partie exonérés de la responsabilité en cas de catastrophe : Electrabel ne devrait supporter que 0,1 pour cent des coûts (qui ont déjà été calculés à la demande de Greenpeace et qui s’établiraient quelque part entre 742 et 1.412 milliards d’euros), soit 1,2 milliard d’euros. Le risque restant est supporté par le contribuable. Si les opérateurs des centrales nucléaires devaient supporter intégralement le risque nucléaire en faisant appel au marché des assurances commerciales et répercuter les coûts de cette police d’assurance sur le consommateur, le prix du kilowatt-heure produit par les centrales nucléaires serait plusieurs fois supérieur à son prix actuel. Nulle autre industrie énergétique ne bénéficie d’un tel cadeau.

Déchets nucléaires: coûts importants

La gestion des déchets nucléaires est un second poste de coût important qui est mis à charge du citoyen sans figurer sur sa facture électricité. Après plus de 30 années de recherches, l’enfouissement des déchets en Campine, à 200 mètres de profondeur dans la couche d’argile de Boom, a été rejeté par l’AFCN en raison du danger excessif qu’il représenterait. Les études doivent désormais en grande partie être recommencées, cette fois dans d’autres formations géologiques telles que les couches d’argile ou de granit à Ypres. Prédire si cette piste aboutira jamais à une solution acceptable revient à tenter de lire dans le marc de café. Par contre, il est certain que les provisions constituées pour la gestion des déchets radioactifs à long terme seront largement insuffisantes. La solution retenue a pourtant intérêt à être la bonne, car le délai nécessaire pour que les déchets radioactifs redeviennent inoffensifs se compte en centaines de milliers d’années. L’espèce humaine n’existe même pas depuis aussi longtemps ! Le coût du stockage des déchets radioactifs sera à charge non seulement de nos enfants et petits-enfants, mais aussi des civilisations à venir.

En outre, la prolongation de la durée de vie des vieilles centrales ne génère que des économies temporaires (dans le meilleur des cas, puisque nous savons tous à quel point ces centrales sont peu fiables), car les coûts d’investissement sont simplement reportés dans le temps. Prolonger de vieux réacteurs nucléaires ne fait que retarder la transition nécessaire vers une énergie propre et sûre.

La N-VA ferait mieux d’élaborer de nouveaux plans d’urgence nucléaires solides (ce qui est dans les compétences du ministre Jambon), au lieu de prolonger l’existence du risque nucléaire. La fourniture de pilules d’iode à tous les citoyens du pays n’est en ce sens pas un luxe.