C’était il y a quelques semaines déjà : les médias nous apprenaient que Paul Furlan, ministre wallon en charge de l’énergie, serait le président de la délégation belge au sommet climatique de Paris, qui aura lieu en cette fin d’année.

Un manque d'ambition désespérant

A-t-il seulement conscience de l’importance de l’enjeu ? Se rend-il compte que 2015 doit être synonyme de réel changement global pour lutter efficacement contre le changement climatique ? J’en doute. Alors que la COP occupe déjà toutes nos pensées chez Greenpeace, je ne peux que déplorer les intentions climatiques de notre ministre wallon de l’énergie lorsque je découvre les ambitions de sa Région en matière d’énergies renouvelables. Le manque d’ambition à cet égard est tout simplement cruel, désespérant.

Paul Furlan vient en effet de révéler que les objectifs wallons pour les renouvelables d’ici 2020 seraient désormais revus à la baisse ; passant d’une part de 20% comme initialement prévu à 13% (hors éolien off-shore). Il repousse ainsi de six ans l'objectif d'électricité "verte" (8000 GWh) et de dix ans le seuil des 20% d’énergies renouvelables à atteindre (thermique et transport compris) !

Un signal catastrophique

Non seulement le gouvernement wallon décide de se désolidariser d’un mouvement qui devrait être collectif, impliquant les autres Régions et le fédéral. Mais il hypothèque également la concrétisation des objectifs des autres Régions du pays. Pourquoi donc s’entêter à agir seul dans son coin et à ne pas élaborer de route énergétique belge commune ?

Par ailleurs, pour celui qui s’affirme comme étant le président de la délégation belge à Paris de la COP 21, ce coup de frein donné au développement des renouvelables annihile toute forme d’espoir et de croissance (notamment au niveau de l’emploi) pour une région qui va pourtant de l’avant.

Coup d'oeil chez nos voisins allemands

Paul Furlan et la Wallonie n’assimilent visiblement pas le développement des énergies renouvelables à une opportunité de soutenir un secteur générateur d’emplois, de nouvelles technologies et tourné vers l’avenir. De nombreuses études ont pourtant déjà démontré à quel point investir dans des technologies propres génère du bien être à court et à long termes. A nos frontières, le « Energie Wende » allemand prouve d’ailleurs qu’investir dans la transition énergétique permet de saisir des opportunités importantes de développement socio-économique.

La transition énergétique est en marche, c’est indéniable, mais Paul Furlan et le gouvernement wallon semblent ne pas vouloir en faire partie…