Malgré une forte opposition de la part de certains gouvernements, les dirigeants sont tombés d’accord, ce matin, sur trois objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et ce, pour 2030. Selon Greenpeace, ces objectifs restent trop faibles, minent les efforts pour stimuler les énergies renouvelables et maintiennent la dépendance de l’Europe aux combustibles polluants et coûteux.

Le combat mondial contre les changements climatiques nécessite un traitement radical mais au final, l’Union européenne ne propose pas plus que de faibles petites mesures. Les citoyens à travers l’Europe veulent de l’énergie propre, mais les dirigeants européens ne proposent pour ainsi dire rien pour réellement stimuler le secteur des renouvelables alors qu’il est en plein essor. L’Europe doit et devrait faire plus pour stopper les impacts dévastateurs des changements climatiques.




L’année prochaine, il est attendu de la nouvelle Commission européenne, menée par Jean-Claude Juncker, qu’elle présente une législation qui transposera ces objectifs en réalité au sein des pays de l’Union européenne. Cette législation aura un impact profond sur les factures d’énergie, la sécurité énergétique et les efforts pour réduire les émissions à travers l’Europe.

Le président de la nouvelle Commission et son équipe ont déclaré vouloir faire de l’Europe un leader en matière d’énergies renouvelables. Ils doivent à présent présenter une législation ferme en matière de climat et d’énergie. Il est important que ces nouvelles lois cessent de favoriser les industries polluantes et les compagnies actives dans les énergies sales.

Les dirigeants européens ont déclaré vouloir éventuellement revoir à la hausse leurs objectifs de réduction des émissions de carbone et ce, dans le cadre de l’accord climatique international à la Conférence de Paris en 2015. Greenpeace les encourage à revoir leurs ambitions à la hausse.

Les termes de l’accord :
•    Les dirigeants ont approuvé trois objectifs en matière de climat et d’énergie pour 2030 : une réduction d’au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre au sein de l’UE (sans avoir recours à des crédits internationaux) par rapport à 1990 ; un partage contraignant de 27% au moins d’énergies renouvelables dans le mix énergétique de l’UE ; et un objectif indicatif de 27% au moins dans les économies d’énergie, qui pourrait augmenter à 30% après une révision en 2020.
•    Pour les pays européens à plus faible revenu, comme la Pologne, l’accord prévoit des mécanismes de soutien aux investissements dans « la modernisation de l’énergie et l’efficacité énergétique ». Dans le cadre des politiques actuelles, ces fonds ont été mal utilisés et injectés dans le soutien aux centrales au charbon.
•    Les dirigeants ont aussi adopté un objectif pour améliorer les interconnections entre les marchés européens de 15% en 2030.

Et chez nous ?

En Belgique aussi, un changement radical est nécessaire pour lutter efficacement contre le changement climatique. On ne peut toutefois s'empêcher de penser que le parcours sera parsemé d'embûches pour notre pays. "Scotché" au nucléaire, le gouvernement Michel Ier est à la traîne sur le plan des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Des mesures fortes, favorables à un système énergétique propre et durable, sont pourtant indispensables ! La Belgique ne peut plus se permettre de gâcher des opportunités - aux retombées économiques intéressantes - éternellement. Le nouvel accord de gouvernement en prend pourtant le chemin...