Vous allez bientôt au salon de l’Auto ? Les exposants vont vous dire que le diesel n’est finalement pas si mal que ça, et que la voiture roulant aux énergies fossiles est toujours promise à un bel avenir. Business as usual donc ? Pas vraiment.

Les fabricants de voitures sont sous le feu des projecteurs. Ils ont trompé le consommateur à grande échelle et on les rend responsables - à juste titre - de l'air malsain dans nos rues. Ils ont traîné pour développer des voitures vertes, ce qui constitue aujourd’hui une raison importante de notre politique climatique défaillante.

Vers un léger mieux

Un groupe croissant de constructeurs automobiles européens commence cependant à réaliser qu’ils doivent réagir maintenant. Volvo, Porsche et Renault ont déjà annoncé, l’an dernier, leur intention d'abandonner le diesel. Mais surtout, un changement de direction inattendu de la part du plus grand constructeur automobile du monde, Volkswagen, prouve que l’industrie automobile est à un tournant décisif. Durant les années qui ont suivi le scandale du dieselgate, le géant automobile allemand a continué à ne jurer que par le diesel et le moteur à combustion.

Mais à la fin de l’année dernière, VW a soudainement annoncé qu’il ne développerait plus de nouveaux moteurs diesel et essence à partir de 2026, et qu’il souhaitait ensuite limiter à un minimum la vente de voitures alimentées aux énergies fossiles.

Une étude commandée par Greenpeace l'an dernier a montré que plus aucune voiture fossile ne peut être vendue après 2028 si nous voulons respecter l'accord de Paris sur le climat. Ce changement de cap n’arrive donc pas trop tôt et doit même encore être renforcé.

Et la voiture électrique ?

La percée de la voiture électrique va-t-elle tout résoudre ? Non. Remplacer chaque voiture alimentée aux énergies fossiles par un véhicule électrique n’est pas une option. Les coûts environnementaux et énergétiques d'une voiture électrique sont inférieurs à ceux d'une voiture fossile, mais ils sont toujours bien présents.

Quelle mobilité demain ?

Imaginons notre mobilité idéale en 2030 : les rues de votre ville ou village sont presque vides. Agréables. Les pistes cyclables sont sûres ; les passages pour piétons sont bien larges. Pratiquement toutes les places de parking en surface ont disparu au profit de zones vertes, de bancs pour se reposer ou de plaines de jeux pour nos enfants. Les trams et bus électriques se croisent aux points de passage où les nombreux voyageurs peuvent, grâce à une application facile d’usage, emprunter un vélo, une trottinette ou une voiture électrique partagée. L’air ne nous rend plus malade et le problème du climat n’est plus sans espoir.

Un gouvernement fort s’impose

Nous devons clairement aller dans cette direction. C'est pourquoi nous avons besoin d’un gouvernement fort. Les décisions prises lors de la prochaine législature détermineront à quoi ressembleront nos rues en 2030. Les gouvernements fédéral et régionaux à venir doivent élaborer un pacte de mobilité ambitieux. Un pacte qui indique clairement la marche à suivre pour l'industrie automobile en fixant rapidement une échéance pour l'enregistrement de toutes les voitures utilisant des carburants fossiles. Un pacte qui fait également la part belle à des transports en commun confortables, des infrastructures sûres pour les cyclistes et à des nouvelles façons durables de se déplacer. Un pacte qui donnera un aspect complètement différent à nos rues en 2030.

Et qui sait, nous ne visiterons peut-être bientôt plus le salon de l’auto mais bien, le salon de la mobilité durable !

Exigez de nos ministres un air sain pour nos enfants !