Comme si mentir sur les émissions d’oxyde d’azote de 11 millions de ses voitures ne suffisait pas, le constructeur automobile allemand Volkswagen a provoqué une nouvelle onde de choc en révélant qu’il avait sous-estimé les émissions de CO2 de ses voitures aussi en Europe.

Des militants de Greenpeace Allemagne ont donc rendu aujourd’hui une nouvelle visite à l’usine Volkswagen de Wolfsburg, où ils ont déployé une banderole qui a transformé le logo de l’entreprise en symbole CO2, accompagné des mots "The Climate Problem".

Il existe pourtant une solution. Mais c’est une solution qui exige de profonds changements dans notre système de mobilité en vue d’adopter un système de transport sans émissions et au service de la communauté.

Un peu plus d’un mois après que Volkswagen a reconnu avoir triché à des tests d’émissions pour le diesel, VW a avoué la semaine dernière qu’il avait aussi sous-estimé les émissions de CO2 d’environ 800.000 voitures en Europe.

À l’approche des négociations de l’ONU sur le climat le mois prochain à Paris, le scandale des émissions de Volkswagen braque plus que jamais les projecteurs sur le transport routier et sur la nécessité pour les gouvernements et les régulateurs de veiller à ce que le secteur rétablisse l’ordre.

Cette démarche implique un revirement radical de la façon dont les gouvernements ont jusqu’à présent courbé l’échine devant le lobby du secteur automobile et ont trop souvent choisi d’assouplir la réglementation, au lieu d’améliorer les systèmes de test afin de bannir les voitures dangereusement polluantes de nos routes.

Greenpeace demande au gouvernement allemand de profiter de la crise Volkswagen pour transformer ses politiques de transport nationales et prendre le leadership international dans le domaine de la mobilité – tout comme son Energiewende a permis d’établir une feuille de route pour une transition en faveur de l’énergie renouvelable.

Ce modèle de mobilité – un Transportwende – doit englober les transports en commun et les véhicules sans émissions, ainsi que prévoir de meilleures pistes cyclables. Volkswagen, dont la réputation est ruinée, peut toujours faire partie de la solution technologique.

Des pays tels que les Pays-Bas et le Danemark sont déjà en passe d’établir de bons exemples de politiques.

À Copenhague, le nombre de kilomètres parcourus à vélo a augmenté de 30 % depuis 1998. Le gouvernement danois y est parvenu via la mise en œuvre d’une politique forte de développement des transports en commun et du réseau cyclable dans le but de rendre Copenhague neutre en CO2 d’ici 2025. Aux Pays-Bas, la capitale Amsterdam – également célèbre pour ses nombreux vélos – a montré comment une réduction du trafic engendre une meilleure qualité de vie.

VW doit faire le ménage

Greenpeace exige que Volkswagen fasse le ménage. L'entreprise doit notamment révéler la véritable étendue de ses émissions de CO2. La méthode pour évaluer les performances de l’entreprise – une entreprise qui s’est engagée en 2013 à réduire les dégagements de CO2 de sa nouvelle flotte de voitures à 95 grammes par kilomètre d’ici 2020 – reste en effet un mystère.

Volkswagen doit désormais rendre des comptes pour avoir fait passer ses profits devant la santé de nos familles et devant notre climat. Et vous pouvez y contribuer ! Rejoignez-nous pour réclamer un changement.

Daniel Moser est chargé de campagne mobilité pour Greenpeace Allemagne.