Les négociations internationales climatiques ont été relancées la semaine passée à Bonn. C'est là que les pays se sont réunis pour la première fois depuis la signature d'un accord climatique international historique fin de l’année denrière à Paris. Le vrai travail commence donc afin de limiter le réchauffement de notre planète à 1,5°C. Greenpeace était à nouveau présente.

L’accord de Paris en vigueur encore cette année ?

Après une préparation intense en vue de l’accord de Paris, des diplomates climatiques ont repris leurs activités à Bonn. ‘Paris’ était un pas significatif vers l’avant pour le climat. Le message est clair : l’ère des combustibles fossiles touche à sa fin. 195 pays se sont alignés fin décembre derrière ce message et 175 signatures ont été notées sous l’accord lors de la signature officielle le mois passé à New York. Le record a donc immédiatement été battu.

Grâce à ces résultats, nous nous trouvons à un pas seulement de la date d’entrée en vigueur : au moins 55 pays, responsables de minimum 55% de l’émission globale de C02, doivent inscrire l’accord dans leur législation nationale. 17 pays (surtout les pays très vulnérables) l’ont déjà fait et beaucoup d’autres pays, dont entre autres des émetteurs importants tels que les Etats-Unis et la Chine, veulent ratifier l’accord cette année encore. Avec un peu de chance, l’accord climatique entrera donc peut-être encore en vigueur en 2016.

Un nouveau souffle pour le climat

A Bonn, le début de l’élaboration de l’accord a été lancé. L’atmosphère tendue qui régnait les dernières années, a presque entièrement disparu depuis Paris. Il y a encore des conflits entre le Nord et le Sud, mais les deux partis ont plus que jamais montré leur volonté de passer au-dessus de ces conflits et de faire des progrès. La question qui se pose aujourd’hui n’est pas de savoir si nous avons besoin d’une action climatique internationale mais plutôt de savoir à quelle vitesse nous allons la mettre en place. Il est clair qu’un nouveau souffle détermine donc les négociations.

Les débats à propos de l’énergie renouvelable en sont un bon exemple. 90 pays en voie de développement veulent déjà mettre en place des actions concrètes cette année lors du sommet climatique à Marrakech afin de stimuler la croissance de l’énergie renouvelable. Le rôle important des investisseurs a également été mis sur la table. Le GIEC, le groupe d’experts climatiques des Nations unies, a déclaré tenir compte des nouveaux objectifs de maximum 1,5°C. Reste à savoir quelles recommandations seront faites pour y parvenir !   

Marrakech: confirmation pour l’énergie renouvelable

Le monde entier se trouve devant un énorme défi. A Paris, un objectif sexy a déjà été défini – « 1 point 5 to stay alive ! » – mais, en réalité, il doit encore être réalisé. Nous avons besoin de règles sévères et d’un contrôle honnête. Mais, par-dessus tout, nous devons veiller à surmonter le fossé entre cet objectif global de 1,5°C et les plans climatiques nationaux qui visent les 3°C. Ce dernier scénario pourrait littéralement signifier la fin d’une série de pays vulnérables.

Il n’y a donc rien d’autre à faire que de rendre ces plans climatiques beaucoup plus ambitieux. Comme pas important, un global stock take est planifié en 2018, qui demandera aux pays d’évaluer si leurs efforts sont suffisamment ambitieux. 2018 sera en d’autres mots le test ultime afin de voir si les pays prennent vraiment au sérieux les mesures climatiques. Mais nous devons déjà prendre les décisions nécessaires : pas de nouvelles mines de charbon et pas de nouveaux forages de pétrole ou de gaz. La réponse à la question de savoir si nous pouvons passer aux énergies renouvelables à 100% d’ici 2050 se trouve à présent déjà entre nos mains.

La montée en puissance des énergies renouvelables ces dernières semaines prouve en tout cas que c’est faisable. C’est donc à la présidence marocaine du prochain sommet climatique organisé à Marrakech de renforcer le rôle de l’énergie renouvelable. Ce renforcement aura un impact immédiat sur l’émission globale de CO2, devra faciliter le développement durable des régions pauvres en énergie et devra nous aider à passer le cap de 100% d’énergie renouvelable. Les messages que nous avons reçus lors des dernières semaines à Bonn sont très prometteurs. 

Greenpeace Bruxelles agit pour des transports publics respectueux du climat. Lisez le blog de Mathias Balcaen.