Le plan d'urgence nucléaire belge reste largement insuffisant pour protéger la population belge d’un accident nucléaire grave. Greenpeace exige du gouvernement qu’il réévalue la situation, en tenant compte du pire scénario possible.



Le professeur David Boilley (président de l’ACRO) présente, aujourd'hui à la Chambre, un rapport commandé par Greenpeace sur le plan d’urgence nucléaire belge. Un plan minimaliste qui reste largement insuffisant pour protéger la population belge d’un accident nucléaire grave. Greenpeace exige du gouvernement qu’il réévalue la situation, en tenant compte du pire scénario possible.

La catastrophe de Fukushima nous a appris qu’un plan d’urgence nucléaire ne pouvait être effectif qu’à partir du moment où le pire scénario possible est étudié et que toutes les parties concernées, des services d’urgence aux potentielles victimes, savent à l’avance quelle réaction adopter. Ce qui n’est pas le cas en Belgique. Nos dirigeants se contentent actuellement de mesures adaptées à un accident limité, avec un faible taux de contamination radioactive.

Les zones concernées par le plan d’urgence nucléaire actuel sont en effet minimalistes, alors qu’elles devraient être étendues à l’ensemble de notre territoire. Jamais l’évacuation de villes comme Anvers, Liège ou Namur – pourtant toutes situées à 30 km d’une centrale – n’a été évoquée. Pour Greenpeace, le gouvernement belge doit absolument prendre ces éléments cruciaux en compte et adapter le plan d’urgence nucléaire belge à l’impact qu’aurait un accident grave. 

Des centrales les plus à risque du monde

D’autant que nos deux centrales, Doel et Tihange, sont situées au cœur de zones fortement peuplées. Une caractéristique qui les place dans la catégorie des centrales "les plus à risque" du monde. Mais ce constat vaut également pour plusieurs centrales frontalières, à l’instar de Gravelines, Chooz, Cattenom (France) et Borssele (Pays-Bas). (Cliquez sur la carte en-dessous de cet article pour agrandir l'image.)

Une catastrophe nucléaire aurait sans aucun doute des conséquences dramatiques en Belgique. La densité de population est si forte chez nous qu’elle rend pratiquement impossible une protection adéquate des citoyens en cas de catastrophe nucléaire. Mais ce risque d’accident peut encore être réduit, en ne prolongeant pas la durée de vie des vieux réacteurs Tihange 1, Doel 1 et Doel 2 ainsi qu’en fermant définitivement Tihange 2 et Doel 3. Si notre gouvernement accepte le nucléaire, il doit aussi en reconnaître les dégâts potentiels et donc, agir en conséquence. A lui de se tourner vers une autre forme d’énergie et d’investir dans le renouvelable et l’efficacité énergétique.

La négligence coupable

Notre gouvernement se décidera-t-il à revoir sa copie pour assumer ses responsabilités et protéger valablement la population ? A l’heure actuelle, il semble vouloir courir ce risque, préférant ignorer les leçons de Fukushima et de Tchernobyl. Si une catastrophe nucléaire éclate à Doel, Tihange voire à nos frontières, la Belgique ne pourra donc y faire face. Et ce sont les citoyens qui trinqueront…

Plus d'information :

- Consultez le rapport "Insuffisances des plans d’urgence nucléaire belges : les leçons de la catastrophe de Fukushima n’ont pas été tirées" et son résumé.

En décembre 2014, Greenpeace avait déjà démontré, via un rapport de Bart Martens, toute l’incapacité de la Belgique à gérer l’impact d’une catastrophe nucléaire, mais sur le plan socio-économique cette fois. Plus d’info ici.