Avec la chute des prix du pétrole, les effets des sanctions russes et des modèles climatiques de plus en plus instables, ceux en quête de pétrole arctique sont soumis à une pression qu’ils n’avaient jamais connue auparavant. Ajoutez à cela le mouvement mondial de résistance de plus en plus fort et les échecs répétés des compagnies pétrolières qui doivent prouver qu’elles sont capables de forer en toute sécurité sur le toit du monde, et vous comprendrez que l’avenir s’annonce sombre pour le pétrole arctique, dont les forages sont très risqués et controversés.

Cela a été particulièrement vrai au Groenland, où aucun forage exploratoire n’a été effectué depuis 2011 et où seuls quelques rares tests sismiques ont eu lieu. Les compagnies pétrolières ferment leurs bureaux et les licences pour exploiter les eaux gelées dans le nord-est du Groenland n’ont suscité  aucun intérêt, du moins dans une vaste majorité de la zone concernée, laissant le gouvernement très déçu.



Défaite pour la chasse au pétrole

Hier, la chasse à l’or noir du Groenland a connu une sévère défaite ! Trois grandes compagnies pétrolières (la Française GDF Suez, la Norvégienne Statoil et la Danoise DONG) ont en effet abandonné leurs licences leur permettant d’être actifs dans la partie ouest du Groenland. Et ce, malgré la décision du gouvernement groenlandais, visiblement désireux de conserver les entreprises sur son territoire vu qu’il leur offrait la possibilité de prolonger leurs licences initiales sans frais supplémentaires.

Une nouvelle défaite qui devrait inspirer nos décideurs, les pousser à la réflexion et non au désespoir. Le pétrole arctique ne devrait pas être assimilé à une opportunité de développement pour les Etats arctiques et leur population, mais plutôt à une source majeure de risques. Non seulement pour notre équilibre climatique, déjà fortement dérangé, mais aussi pour les océans et la nature en général, deux éléments cruciaux pour les habitants du grand Nord.

Comme nous avons déjà pu le constater lors des forages pétroliers menés par Shell au Nord de l’Alaska, il ne faudra plus attendre longtemps avant de voir l’exploitation du pétrole arctique résulter en une catastrophe environnementale irréparable. Bien sûr, le peuple groenlandais a droit au développement ! Mais il est également essentiel de tenir compte de problématiques évidentes en Arctique, des risques auxquels seraient confrontées les compagnies pétrolières, de les évaluer et de déterminer les meilleures pistes à emprunter pour construire un avenir viable et durable qui bénéficiera, sur le long terme, aux populations comme à la nature.

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