Les dangers liés au changement climatique n’ont rien de neuf. Ils sont sur la table depuis un certain temps déjà. Et à chaque fois que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - à nouveau réuni du 27 au 31 octobre à Copenhague - publie un nouveau rapport, la situation semble encore plus épouvantable. Ce qui ne nous empêche pas, en termes d’action, d'accumuler du retard.

C'est toutefois inéluctable : le changement climatique détruit les habitations et les récoltes, cause des sécheresses et des inondations, déstabilise les écosystèmes et les économies nationales. Il affecte le monde entier. Il va même jusqu’à tuer. Comment, au nom de la Terre, sommes-nous donc incapables de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher que cela n’arrive ?

Non seulement de nombreuses conséquences sont devenues triste réalité mais des risques majeurs sont qui plus est associés à la poursuite du changement climatique. Des risques tellement énormes que les négliger reviendrait à jouer votre vie et tout ce que vous possédez au casino.


 
Une « légère » augmentation reste un problème

Depuis la fin du 19e siècle, la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté d’environ 0,85 °C. Alors que certains sont parvenus à accepter que le réchauffement de la planète est en cours, de nombreux autres ont pour leur part des difficultés à comprendre les problèmes que peut engendrer une telle variation.

Et pourtant… Tout au long de l’histoire de la civilisation occidentale, la température de la Terre est restée presqu’aussi stable que celle du corps humain. Imaginez maintenant que la Terre soit un petit enfant. Une augmentation continue d’environ 1°C serait une cause légitime d’inquiétude, non ? Et qu’en serait-il si on évoquait une hausse de 2 ou 4°C ?

Une température à mettre en perspective

La différence de température entre la dernière période glaciaire, lorsque la moitié de l’Amérique du Nord était couverte d’une importante couche de glace, et aujourd’hui est d’environ 5°C. Un réchauffement qui s’est matérialisé sur plusieurs milliers d’années. Mais l’augmentation actuelle de 0,85°C, elle, s’est produite en un peu plus de 100 ans !

Pire : le rythme du changement de température attendu pour ce siècle est plus élevé que pour toute période de réchauffement planétaire mesuré au cours des 65 millions dernières années. Selon le GIEC, si nous ne parvenons pas à substantiellement réduire nos émissions de CO2, nous pourrions bien être confrontés à une augmentation supplémentaire de la température de 4°C à 5°C à la fin du siècle. Soit un changement comparable à la différence entre le climat actuel et la dernière période glaciaire. Une différence majeure.

 

Le raisonnement fallacieux des 2°C

Pour l’heure, l’objectif international est de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Les effets sur le climat étant déjà cependant dramatiques avec une hausse des températures de 0,85°C, il ne fait dès lors aucun doute que les conséquences d’un réchauffement de 2°C seront graves. Raison pour laquelle de nombreux scientifiques prônent plutôt pour ramener la limite à ne pas dépasser à 1,5°C.

Le GIEC nous apprend que si nous réussissons à réduire les émissions mondiales de 40 à 70% pour la moitié du siècle, nous aurons deux tiers des chances de nous maintenir sous les 2°C. Telle probabilité, au moment de lutter pour éviter une catastrophe mondiale, ne peut toutefois pas nous rassurer.

Réagir au risque

C’est aussi à nous de prévenir les effets du changement climatique. A nous d’envisager le scénario le plus probable – les modèles basés sur l’année 2100 nous en fournissent déjà plusieurs - et de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. L’anticipation du risque extrême ne relève pas uniquement du pouvoir politique, l’avenir nous appartient à tous. Plus nous resterons inactifs et plus les effets du changement climatique prendront de l’ampleur. A nous de décider quel niveau de risque nous sommes prêts à courir. A nous, aussi, d’adapter notre mode de vie au quotidien.