Avec deux incidents nucléaires et un redémarrage précipité en moins d’une semaine, les problèmes des centrales nucléaires en Belgique ne font que s’aggraver. Pendant ce temps, Electrabel manque cruellement de transparence, le gouvernement se tait dans toutes les langues et l’AFCN se dérobe à ses obligations. Y a-t-il encore vraiment un contrôle nucléaire dans notre pays ?

Dans la nuit de mercredi à jeudi passés, Doel 1 est tombé à l’arrêt suite à un problème dans la partie nucléaire du réacteur – un « problème électronique » du circuit de refroidissement, nous disait-on. Un redémarrage hâtif a été effectué mais la nuit dernière, ce système crucial a de nouveau bafouillé et le réacteur a été remis à l’arrêt pour de plus amples réparations.

L'AFCN : Ne rien entendre, ne rien voir et surtout se taire

L’exploitant des centrales nucléaires, Electrabel, est à chaque fois prompt pour insister sur le fait que les procédures ont été parfaitement suivies et qu’il n’y a aucun danger pour qui ou quoi que ce soit, mais pour d’autres informations, la population tâtonne de plus en plus dans l’obscurité. L’AFCN a, elle, rapidement fait savoir qu’il y avait aussi, en outre, un problème à la pompe du circuit de refroidissement, mais a tout aussi vite donné son feu vert à un redémarrage. Trop vite, comme on l’a découvert la nuit passée…

Des exploitants nucléaires, nous pouvons nous attendre qu’ils veuillent minimiser l’incroyable série d’incidents et surtout qu’ils veulent continuer à produire tant que possible. Et dans ce dossier, ce gouvernement a depuis longtemps placé ses intérêts au-dessus de la sécurité de la population. Mais le grand absent, c'est l’AFCN, qui est quand même responsable de notre sécurité nucléaire. Au plus les choses s’aggravent, au plus cette agence agit comme les fameux trois petits singes : Ne rien entendre, ne rien voir et surtout se taire.