Tempête de neige meurtrière à Tokyo, inondations record en Grande-Bretagne, typhons répétés aux Philippines… Les conséquences du changement climatique sont visibles un peu partout dans le monde. Et chez nous ? Certains Belges ressentent eux aussi les effets du dérèglement climatique. Que ce soit à travers une activité régulière ou une véritable passion. C’est le cas de Stefan Goris, champion d’Europe et du monde de… course de chiens de traineaux. Un sportif de haut niveau – malgré son statut d’amateur – qui a choisi de soutenir Greenpeace, en partageant son expérience et en attirant l’attention du grand public sur le travail de notre organisation.

Proche des valeurs de Greenpeace

"J’ai grandi dans le respect de l’environnement. Et je me suis toujours senti proche des valeurs de Greenpeace. Aujourd’hui, le changement climatique impacte ma passion. Je constate moi aussi ses effets un peu partout. D’autres mushers plus expérimentés me le confirment : ce n’était pas comme ça il y a 10 ans. Je me suis récemment rendu en Suède, espérant pouvoir m’y entraîner dans de bonnes conditions. Mais ce que j’ai vu était parfait pour… sensibiliser au changement climatique, pas pour m’entraîner."



Niveau de neige nettement insuffisant, ouverture de saison plus tardive (octobre au lieu d’août), compétitions internationales annulées… Les obstacles ne manquent désormais pas pour Stefan Goris. Un Limbourgeois qui, forcément, ne bénéficie pas des mêmes conditions d’entraînement qu’un musher suisse ou polonais.

"Bien sûr, ma discipline ne se pratique pas uniquement sur la neige ou la glace. On peut aussi l’exercer en kart (petit véhicule sur roues), ce que je fais d’ailleurs régulièrement près de chez moi en pleine forêt. Mais c’est une approche très différente pour moi comme pour mes chiens. Si on est contraint de s’entraîner sur terre pour préparer un championnat du monde qui aura lieu sur la neige, forcément, on n’arrive pas dans les mêmes dispositions que d’autres mushers."

Debout à 3h30

Créativité est donc le maître-mot pour celui qui est enseignant dans la vie de tous les jours. Et, surtout, détermination. Le facteur température jouant évidemment un rôle clé pour la bonne pratique de sa passion, Stefan Goris n’hésite pas à se lever cinq fois par semaine à 3h30. Du moins lorsqu’il est en pleine phase intensive d’entraînements. Le prix à payer afin de bénéficier d’une température aussi adéquate que possible pour ses huit huskies.

"La limite officielle à ne pas dépasser pour les chiens est 15° mais moi, je préfère ne pas aller au-delà de 13°. Leur santé et leur bien-être priment. C’est pour cette raison que je me lève aussi tôt. Je n’ai pas le choix, il fait plus chaud qu’avant. Or, plus il fait froid, plus mes chiens sont performants. Ils se sentent mieux et peuvent pleinement libérer toute l’énergie qu’ils ont en eux."



"Les gens ne se rendent pas compte"

Intarissable sur sa passion et l’amour qu’il porte à ses huskies, Stefan l’est tout autant lorsqu’il s’agit d’évoquer la protection de l’environnement. "Le problème en Belgique est que les gens ne prennent pas assez conscience de l’enjeu climatique car notre pays n’est pas aussi durement touché que d’autres. Ses effets sont pourtant bien là. On peut tous contribuer à inverser les choses, déjà par de petits gestes au quotidien qui réduiront les émissions de gaz à effet de serre. J’essaie d’appliquer ce principe moi-même en adoptant une alimentation saine et durable, en réutilisant des matériaux usagés ou encore en ayant recours aux piles rechargeables lors de mes entraînements."

Sans oublier une approche pédagogique, de sensibilisation à l’environnement auprès de ses jeunes élèves lorsqu’il enfile sa casquette d’enseignant. En cette fin de semaine, le Limbourgeois délaissera toutefois les bancs scolaires pour une échéance sportive prestigieuse : la défense de son titre de champion du monde en Autriche (*). "Quand j’ai commencé il y a sept ans, jamais je n’aurais imaginé décrocher un tel titre. C’était une surprise. Cette fois, on m’attend au tournant. J’espère réaliser un beau résultat, on verra à quel point le climat a pénalisé ma préparation…"

Pour faire plus ample connaissance avec Stefan Goris et sa passion, rendez-vous sur : www.r2run.be

(*) Mise à jour du 23/02 : Stefan a cette fois décroché la médaille d'argent et est donc vice-champion du monde 2015.