Depuis une semaine, notre collègue Camille Ghislain est à Lesbos. L’île grecque, à quelques kilomètres de la côte turque, est le théâtre d'un véritable drame humanitaire. Chaque jour, des centaines de Syriens, d'Afghans et d’Irakiens débarquent sur les plages. Voici son deuxième blog.

Prêter secours aux bateaux en détresse

Ici à Lesbos, j’ai la chance de naviguer sur l’un des zodiacs de Greenpeace présents sur l’île. Nous prêtons secours aux bateaux en détresse. J’y ai rencontré une équipe formidable, dont Grant Oakes, le capitaine du zodiac Alpha. Grant vient de Nouvelle-Zélande et est à Lesbos depuis le mois de décembre. A 11 ans, il savait déjà ce qu’il voulait faire : naviguer en mer pour protéger l’environnement.  Son rêve s’est réalisé et cela fait maintenant plus de 20 ans qu’il navigue aux côtés de Greenpeace.

Camille Ghislain à bord du zodiac de Greenpeace

Greenpeace et MSF travaillent ensemble

En octobre dernier, Greenpeace et l’ONG Médecins sans Frontières ont décidé de joindre leurs efforts pour venir en aide aux personnes désespérées qui tentent de traverser la mer Égée. Cette alliance, qui combine l’expérience médicale de MSF et l’expérience nautique et technologique de Greenpeace, est pour Grant la combinaison parfaite. Il n’a donc pas hésité à se rendre à Lesbos et est devenu coordinateur de l’un des trois grands canots pneumatiques.

Pour lui, c’est une évidence que Greenpeace soit sur place ! « Nous avons les connaissances et les ressources pour gérer des opérations maritimes. Il faut beaucoup de temps pour construire toutes ces compétences et je pense que l’on ne devrait pas séparer une mission humanitaire d’une mission environnementale. Elles ont un impact l’une sur l’autre. »

Greenpeace et MSF prêtent secours aux bateaux en détresse

Son souvenir le plus marquant fut le sauvetage de 85 personnes qui tentaient de traverser la mer Egée, le 16 décembre 2015.  Quand ils arrivèrent, le bateau était déjà à moitié englouti par l’eau. « C’était la panique, les gens hurlaient, se bousculaient pour monter sur notre bateau et la plupart ne savaient pas nager. »

Ce jour-là, les équipes de MSF et de Greenpeace ont pu sauver 83 personnes de la noyade. Il était malheureusement déjà trop tard pour une femme de 80 ans et un bébé de quelques mois.

Grant n’oubliera jamais toutes les expériences vécues sur cette île et il ne changerait son travail pour rien au monde.

« Travailler avec des gens aussi compétents qui se sont tous rendus sur place, pour la plupart en tant que volontaires, c’est un sentiment incroyable. Avant d’arriver ici, nous étions des étrangers l’un pour l’autre mais maintenant, nous sommes une famille et je me sens vraiment reconnaissant de faire partie de cette famille. »

Depuis le mois de novembre, la collaboration Greenpeace/MSF a permis de sauver de nombreuses vies.

Blog du 7 mars