Aujourd’hui à Bruxelles, nous avons bloqué les négociations entre l’UE et les États-Unis. Nous voulions empêcher les deux parties de poursuivre leurs discussions secrètes sur le TTIP, un accord commercial qui donnera davantage de pouvoir aux multinationales. Nous tirons la sonnette d’alarme sur les dangers du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) pour notre démocratie, la protection de l’environnement, les normes de santé et les conditions de travail.

Trente de nos militants, de sept pays différents, ont bloqué ce matin les entrées du centre de conférence où les négociations devaient avoir lieu. Des grimpeurs ont alors déployé une grande banderole portant le message « TTIP: dead end trade deal » (TTIP : accord commercial sans issue)

Nous demandons à l’Europe d’opter pour la démocratie et pour des normes environnementales et sanitaires élevées, et d’interrompre les négociations avec les États-Unis.

L’opposition au TTIP gagne du terrain

Nous ne sommes pas seuls dans notre lutte. Plus de 3,2 millions de citoyens européens ont signé une pétition contre le TTIP. Des milliers d’entre eux ont défilé à Berlin, à Amsterdam, à Bruxelles et dans d’autres capitales contre les substances toxiques, pour la sécurité alimentaire et pour les droits des travailleurs. De part et d’autre de l’Atlantique, des organisations de consommateurs et des syndicats sont inquiets au sujet du nouvel accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis. Les craintes vont en augmentant, ce qui n’est pas étonnant.

Le TTIP ne porte pas fondamentalement sur le commerce, mais bien sur le renforcement du pouvoir des multinationales. Même si c’est au détriment de la population et l’environnement. Les barrières commerciales que les négociateurs souhaitent abolir sont les normes qui protègent notre santé, notre environnement et notre alimentation. Ces normes ne sauraient être subordonnées aux profits des grandes entreprises.

Pas de traitement de faveur pour les entreprises étrangères

Et ce n’est pas tout. Aujourd’hui, les négociateurs devaient surtout parler du système juridictionnel des investissements (ICS), un tribunal spécial devant lequel les entreprises et les investisseurs étrangers peuvent traîner les gouvernements pour obtenir d’énormes compensations financières, par exemple dans le cas où un gouvernement démocratiquement élu prendrait une décision qui ne leur convient pas. Ainsi, une société canadienne a récemment exigé 15 milliards de dollars parce que le président Obama avait retoqué un pipeline polluant Keystone.

La proposition d’ICS émise par la Commission est discriminatoire, injuste et nous coûtera une fortune. Seules les entreprises étrangères pourront saisir cette instance. Elles pourront poursuivre les gouvernements, mais l’inverse n’est pas vrai, et l’addition salée sera présentée aux contribuables. Cela aura pour effet que les autorités européennes et nationales hésiteront désormais à prendre des décisions pour protéger l’environnement ou la santé humaine.

Mettons fin à ces dangereuses négociations !

Aujourd’hui, nous bloquons les négociations à Bruxelles. Au cours des prochains mois, nous continuerons à prendre des mesures contre cet « accord commercial » qui menace nos valeurs. Les politiciens doivent se rendre compte que le TTIP ne sert que les intérêts des entreprises. Nous les appelons à mettre fin aux négociations.

2016 promet d’être crucial. En effet, le président Obama veut absolument conclure le TTIP avant l’élection présidentielle américaine parce que tant les deux candidats démocrates Hillary Clinton et Bernie Sanders que le républicain Donald Trump émettent de sérieuses objections à l’accord. Quant à nous, nous ferons tout ce qui est possible pour empêcher un accord rapide. Et pour y parvenir, nous comptons sur votre soutien !