Après le TTIP, traité de libre échange et d’investissement entre les Etats-Unis et l’Europe, après le CETA, son alter ego entre l’UE et le Canada, voici un troisième traité qui vient menacer nos standards environnementaux : le TISA.

Le TISA c’est le Trade in Services Agreement, un accord entre 50 pays, qui comptent pour plus de 70% de l’économie mondiale et se répartissent sur tous les continents, hormis l’Afrique. Cet accord, plutôt que de se concentrer sur le commerce des biens comme le font le TTIP et le CETA (par exemple les voitures ou les produits agricoles), se concentre sur les services (par exemple les transports ou les services énergétiques).

TISA: autre traité, mêmes dangers

Négocié de façon encore moins transparente que le TTIP et le CETA, le TISA présente de multiples dangers. Tout d’abord, il veut imposer un modèle de commerce au monde entier, bien que la majorité de la population mondiale ne fasse pas partie des 50 Etats qui le négocient. Un récent rapport de Global Justice Now et ATTAC illustre les risques du Tisa pour nos services publics, la privatisation effrénée y étant encouragée – et sans possibilité de retour en arrière.

Atteinte directe aux énergies renouvelables et à la politique climatique

A côté de ça, les risques pour l’environnement sont énormes, eux aussi. En juin, l’association Public Services International a publié un rapport montrant les dangers du TISA surtout par rapport au récent accord climatique de Paris. Le secteur de l’énergie représente en effet une part importante du TISA. Parmi les documents obtenus par l’association nous pouvons mettre en exergue deux dangers principaux.

Tout d’abord, le TISA ne tient absolument pas compte de la différence qui existe entre les sources d’énergies. Cela signifie que des sources d’énergies « sales » comme le charbon ou le gaz de schiste cohabitent avec les énergies propres (le photovoltaïque ou l’éolien). Une mise en danger évidente des soutiens étatiques au secteur du renouvelable, pourtant clé dans l’accord de Paris et seul avenir possible pour préserver notre planète du réchauffement climatique.

Par ailleurs, nos gouvernements n’auront plus l’opportunité de mettre en place des politiques énergétiques et climatiques justes et ambitieuses ; ce pouvoir étant transféré aux multinationales qui utiliseraient le TISA pour restreindre le pouvoir régulateur des Etats sur les ressources, marchés, infrastructures et entreprises énergétiques.

Des traités toxiques qui n’ont plus leur place dans notre monde

Le TISA, comme le TTIP et le CETA font partie de la même hydre des traités toxiques. Alors que nous voyons notre monde actuel rejeter de plus en plus les modèles économiques et politiques sur lesquels ces traités sont construits, il est grand temps que nos politiques se remettent en question.

Plus que jamais, nous devons nous mobiliser. Ces traités menacent des pans entiers de notre société et notre planète. Nous ne pouvons les laisser passer.

Nous vous donnons rendez-vous ce 20 septembre à Bruxelles