UPDATE 27.09.2017

Bonne nouvelle ! Le président brésilien, Michel Temer, a retiré son décret controversé en faveur d'une exploitation minière en Amazonie. Sous la pression des multiples protestations d'organisations environnementales, d'artistes brésiliens, de dirigeants indigènes et de la société civile, il a fini par flancher. La preuve qu'aussi délicate que soit la situation, aucun président n'est complètement immunisé contre la pression populaire.

Avec Renca, c'est une jolie victoire que nous remportons ! Pourtant, la forêt amazonienne et les communautés indigènes ne sont pas sauvées pour autant. Le président Temer et la puissante agro-industrie continueront d'essayer de défricher toujours plus cette forêt unique.

Texte du 28.08.2017

Vous avez certainement déjà entendu ou lu l’affreuse nouvelle : au Brésil, une surface de l’Amazonie équivalente à une fois et demie la Belgique va être utilisée pour l’exploitation minière. Le président brésilien, Michel Temer, a signé un décret faisant disparaître la réserve naturelle de Renca, dans le nord du pays.

Les défenseurs de l’environnement du monde entier n’en reviennent pas. Pour couronner le tout, la démarche de Temer porte aussi atteinte aux droits de l’homme et à la démocratie brésilienne dans son ensemble. En effet, dans cette affaire, les populations indigènes et locales n’ont absolument pas été concertées, alors que cette décision affecte lourdement leurs conditions de vie.

Tandis que le chaos politique règne au Brésil, le lobby de l’agrobusiness (les ruralistas) tente, avec l’aide de quelques puissants hommes d’affaires, de faire passer en un temps record une série de mesures au parlement. S’ils reçoivent le feu vert, cela signifiera un recul jamais vu en matière de protection de l’environnement, et des droits des communautés traditionnelles et des ouvriers agricoles.

Affaiblissement des normes environnementales

L’intention de ce gouvernement est d’ouvrir davantage de surface destinée à une extraction dévastatrice ou à l’achat par des investisseurs étrangers. Il est en train d’affaiblir les normes environnementales de l’exploitation minière et d’autres activités, de réduire la surface des territoires protégés, de suspendre la reconnaissance du territoire indigène, d’encourager l’utilisation de grandes quantités de pesticides (et de ceux interdits dans d’autres pays), de favoriser l’accaparement de territoires publics, de pardonner les délits environnementaux et d’attaquer les droits sociaux des petits propriétaires terriens et de leurs ouvriers.

Afin d’arriver à leurs fins, le gouvernement Temer et le lobby de l’agrobusiness utilisent toutes sortes de pratiques au Congrès brésilien pour  accélérer l’approbation de cette décision et ainsi, tenir les experts et les organisations de la société civile à l’écart.

La déforestation fera à nouveau rage

Les conséquences d’une telle décision sont faciles à imaginer : la déforestation fera à nouveau rage dans la forêt amazonienne, le Brésil transgressera ses promesses internationales en termes de climat et ses conventions en matière de biodiversité, et mettra en péril les droits des populations indigènes (et plus généralement, les droits de l’homme). Le Brésil est maintenant bien loin du rôle de pionnier qu’il jouait il y a encore quelques années dans la lutte contre la déforestation.

La forêt amazonienne et le climat ne sont pas les seuls en danger : d’importantes avancées en matière de démocraties risquent elles aussi de disparaître au Brésil.

Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.