magazine / septembre 2013

Agir ici pour changer les choses ailleurs

"Voir les problèmes sur le terrain me permet de recharger mes batteries pour agir avec encore plus de détermination"

"Voir les problèmes sur le terrain me permet de recharger mes batteries pour agir avec encore plus de détermination"

Greenpeace/Dirven

Rencontre avec Jonas Hulsens, chargé de mission Forêts pour Greenpeace Belgique. Derrière son ordinateur à Bruxelles ou sur le terrain à l'autre bout du monde, il a un objectif: améliorer l'état de l'environnement et les conditions de vie des personnes victimes de problématiques environnementales.

Vous gérez la campagne de Greenpeace contre la déforestation depuis le bureau bruxellois ?

Oui, cette campagne bat son plein dans les grands pays forestiers mais pour ma part, je suis surtout actif en Belgique. Il est essentiel de mettre un terme à la déforestation et à la dégradation des forêts. Ce n’est pas évident et les abattages illégaux compliquent encore les choses. Heureusement, nous obtenons des avancées : l’Europe a adopté une  règlementation qui interdit le bois illégal sur son marché. Nous le revendiquions depuis plus de 10 ans ! Encore faut-il qu’elle soit respectée : récemment, nous avons découvert, dans le port d’Anvers, une cargaison de bois illégal provenant d’une entreprise congolaise. Nous avons demandé aux autorités de confisquer ce bois et de sanctionner les entreprises impliquées. C’est essentiel. L’abattage illégal contribue à la perte de la biodiversité et aux changements climatiques. Mais aussi, des millions de personnes dépendent de la forêt pour leur alimentation, leurs matériaux de construction…

Mais vous aimez aussi vivre des expériences à l’autre bout du monde…

J’ai vécu un an au Pérou, en tant que bénévole pour une association qui s’occupe de l’impact social et environnemental de l’exploitation minière. J’ai côtoyé des communautés locales pour mieux comprendre leurs inquiétudes. J’ai aussi discuté avec des représentants de l’industrie minière. Les relations sont tendues. C’est logique, l’industrie fait d’importants profits tandis que la population locale n’en retire quasi rien. Ce n’est pas tout : les activités minières engendrent une grave pollution de l’eau dans les Andes. Or, les gens s’en servent pour leurs propres besoins et ceux des animaux, pour irriguer les terres… J’ai fait des reportages et organisé des activités pour soutenir les populations locales.

Ici, nous avons une force de frappe pour agir sur des problèmes à l’autre bout du monde

Qu’est-ce qui vous a motivé à vivre cette expérience ?

L’envie de connaître de près les conditions dans lesquelles sont exploités les minéraux utilisés dans nos produits quotidiens. Et la volonté de travailler avec les communautés et militants qui essaient d’améliorer les choses, souvent dans un contexte de répression et de violation des droits humains. Cette expérience m’a énormément motivé. Confronté à la détresse des communautés locales victimes, je suis plus que jamais déterminé.

Jonas Hulsens 

Nom :

Jonas Hulsens

Age :

32 ans

Profession :

Chargé de mission Forêts, Greenpeace Belgique

Hobbys : la lecture, l’escalade, le vélo, les voyages, la cuisine…

Bientôt du travail de terrain pour le compte de Greenpeace ?

Qui sait ! J’aimerais me rendre dans les pays forestiers pour contribuer aux succès de nos campagnes là où les impacts environnementaux et sociaux sont les plus forts. Mais je ne regrette pas mon travail à Bruxelles : c’est chez nous qu’arrivent le bois abattu au Congo, les produits fabriqués en Chine… Bref, ici, nous avons une force de frappe intéressante pour agir sur des problèmes à l’autre bout du monde. Nous nous apprêtons à réactiver notre campagne axée sur l’huile de palme comme moteur de la déforestation en Indonésie. Nous allons tout faire pour forcer les entreprises utilisant l’huile de palme dans leurs produits à ne plus s’approvisionner auprès de fournisseurs impliqués dans la déforestation. A suivre !