magazine / novembre 2013

Libérés sous caution !

Ekaterina, Denis, Francesco, Faiza... Tous sont sortis de prison.

Ekaterina, Denis, Francesco, Faiza... Tous sont sortis de prison.

Après deux mois de détention en Russie, les "30 de l'Arctique" ont été libérés sous caution. Cette vidéo en dit long...

Malgré ces scènes de joie, l'histoire n'est pas finie : des charges très sérieuses, la piraterie et le hooliganisme, pèsent encore sur tous les militants. Rappel des faits.

En septembre dernier, notre bateau, l’Arctic Sunrise, est saisi et les membres de l’équipage, accusés de piraterie, sont jetés dans une prison russe. Il s’agit de la plus grave attaque contre Greenpeace et ses protestations pacifiques depuis l’attentat contre le Rainbow Warrior en 1985.

Deux mois en prison, c’est une chose, mais après ? L’incertitude me rend folle.

Faiza Oulahsen depuis sa cellule de Mourmansk

Qu’ont fait Faiza et les autres membres de l’équipage ? Le 18 septembre, Greenpeace mène une action contre le géant pétrolier russe Gazprom. Les militants visaient à ralentir les activités de Gazprom et à attirer l’attention sur ce qui se déroule dans la région du pôle Nord russe.

Jusqu’à 15 ans de prison

Il était prévisible que les autorités russes réagiraient vigoureusement à notre action. Mais la suite des événements est hallucinante. Le lendemain, les garde-côtes arraisonnent notre bateau – dans les eaux internationales, soit dit en passant – pour le remorquer, équipage compris, jusqu’au port de Mourmansk. Les 28 militants de Greenpeace International et les deux free-lances (un photographe et un caméraman), entre-temps connus comme "les 30 de l’Arctique", sont écroués à Mourmansk dans l’attente d’une enquête complémentaire. Deux semaines plus tard, l’accusation officielle tombe : piraterie. On dirait une mauvaise blague, mais en Russie cela peut coûter jusqu’à 15 ans de prison. Greenpeace interjette formellement appel.

Les autorités russes, peu impressionnées, formulent encore d’autres accusations : de la drogue aurait été trouvée à bord (vraisemblablement de la morphine à usage médical imposée à bord de bateaux par la loi néerlandaise) ; ou encore, nos militants auraient essayé de heurter un bateau des garde-côtes (fait démenti par les images vidéo).A la charge de piraterie s'ajoute celle de hooliganisme. Mi-novembre, les militants sont transférés à Saint-Pétersbourg.

Le 18 novembre commencent les audiences pour la prolongation de la détention préventive des "30 de l’Arctique". Alors que l’Australien Colin Russell voit sa détention prolongée jusqu’au 24 février 2014, la Cour de St Pétersbourg accepte la libération sous caution des 29 autres. Dix jours plus tard, Colin sera lui aussi libéré sous caution.

Entre-temps, les Pays-Bas, Etat du pavillon de l’Arctic Sunrise, avaient saisi le Tribunal International du droit de la mer pour demander la mainlevée du bateau et la libération de tous les militants. Le 22 novembre, elle ordonne la Fédération de Russie doit procéder à la mainlevée de l’Arctic Sunrise et à la libération de son équipage. C’est une belle victoire, mais ce n’est pas terminé. Il s’agit de mesures provisoires : la question de l’illégalité de l’abordage sera tranchée par un tribunal arbitral.

Marques de soutien

Une vague de solidarité s’est formée dans le monde entier. Plus de 2 millions de personnes ont envoyé un e-mail à l’ambassade russe de leur pays pour demander  la libération des "30 de l’Arctique". Le 5 octobre, des manifestations de soutien se sont tenues dans 140 villes et 47 pays. En Belgique, 400 personnes se sont rassemblées Place de la Liberté à Bruxelles. Parmi elles, des mandataires politiques et des représentants d’Amnesty International, du WWF, de 11.11.11... Dans les coulisses, différents gouvernements ont enjoint les Russes de libérer les militants.