« L’autonomie énergétique, un argument qui fait mouche »

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Actualité - 28 avril, 2014
Fin du voyage « Printemps Grandeur Nature 2014 » à Libramont. Un grand final qui nous a permis de symboliser l’engagement citoyen pour une véritable (r)évolution énergétique en formant une éolienne humaine. L’occasion, aussi, d’évoquer le réseau à chaleur citoyen de Malempré (Manhay) en compagnie de Charles Havelange.

Samedi 26 avril, 16h. Une éolienne humaine prend forme au Walexpo de Libramont, à proximité de la scène qui accueillera, quelques minutes plus tard, le chanteur suisse Bastian Baker. 16h10 : l’animateur de la RTBF Olivier Colle donne le ton, le public embraye en frappant des mains et les pales humaines commencent à tourner. Tout un symbole pour cette septième édition de « Printemps Grandeur Nature » - la deuxième pour Greenpeace en tant que partenaire – au cours de laquelle nous avons voulu mettre la transition énergétique et l’engagement citoyen à l’honneur.

Greenpeace partners event in Libramon

« Les citoyens peuvent faire la différence en matière énergétique », glisse Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique. Bon nombre d’entre eux l’ont déjà bien compris. De Cul-des-Sarts (Couvin) à Libramont, cinq citoyens que nous avions conviés l’ont prouvé, en évoquant publiquement, au micro d’Adrien Joveneau ou d’Olivier Colle, leur initiative énergétique. Bernard Delville (éolienne des enfants) à Cul-des-Sarts, Mario Heukemes (Cociter) à Herve, Eric Marchal (éco-quartier) à Enghien, Bernard Deboyser (Hesbenergie et Promel) à Waremme et, enfin, Charles Havelange pour le grand final à Libramont.

Un ingénieur qui, aux côtés d’autres citoyens, a mis au point un réseau de chaleur renouvelable à Malempré (Manhay). Une idée née en 2010 et concrétisée il y a deux mois. « En dehors des questions touchant au climat et à l’environnement, de plus en plus de personnes sont sensibles à la garantie d’approvisionnement énergétique et à l’autonomie énergétique. Ce sont des arguments qui font mouche », dit Charles Havelange. « Mais ce type de projet est aussi une manière de mener une action entre citoyens d’un même village, de rapprocher les gens et de soutenir l’emploi local. Car notre réseau à chaleur permettra aux agriculteurs de se diversifier : à l’avenir, ce sont eux qui nous fourniront les plaquettes de bois. »

Une coopérative citoyenne nommée « Malempré, la chaleur d’y vivre » et regroupant dix personnes s’est peu à peu constituée. Objectif : utiliser les ressources locales pour augmenter l’autonomie énergétique du village, dans le respect de l’environnement bien entendu.

« Notre région est boisée et dispose de ressources en biomasse », explique Charles Havelange, au moment de rappeler la genèse du projet. « Et qui plus est, des travaux étaient prévus dans notre village pour la réfection de voieries et de conduites d’eau. Nous voulions saisir l’occasion pour y installer le dispositif du réseau à chaleur. Il a tout d’abord fallu convaincre les pouvoirs publics mais aussi les gens du village car il s’agissait d’une idée novatrice. A un moment donné, on a demandé aux personnes concernées par les travaux de voieries et de conduites d’eau de marquer un engagement ferme pour cette installation du réseau à chaleur. 90% de ceux-ci l’ont fait, ce qui a achevé de convaincre les pouvoirs publics. »

Actuellement, le réseau à chaleur couvre la moitié du village de Malempré (soit environ 50 bâtiments). A l’avenir, la coopérative « Malempré, la chaleur d’y vivre » vise à approvisionner l’ensemble de ce petit village luxembourgeois de 240 habitants. « Pour l’instant, on utilise des déchets de bois de scierie, on les récupère, on les broie, on les sèche et on les place dans la chaudière commune », résume Charles Havelange, qui aspire, dans le futur, à développer d’autres projets renouvelables par l’entremise de la coopérative. «Bien entendu, il n’est pas et ne sera jamais question d’utiliser de beaux arbres, de valeur, pour notre réseau. Quant au prix, il est plafonné et restera toujours inférieur au litre de mazout. L’argent perçu nous aidera à, d’une part, rembourser le prêt bancaire et à, d’autre part, concrétiser d’autres projets pour la collectivité. »

Ce projet renouvelable a en tout cas déjà séduit pas mal d’observateurs, dont le Ministre Jean-Marc Nollet en personne. Preuve que le citoyen, en prenant les commandes de son avenir énergétique et en partageant son expérience au maximum, peut faire entendre sa voix et en inspirer plus d’un. Continuez donc à déborder de créativité et contribuez à la (r)évolution énergétique !

Pour revoir l’émission TV consacrée à « Printemps Grandeur Nature » à Libramont :
http://www.rtbf.be/video/detail_printemps-grandeur-nature?id=1921466

Pour écouter le podcast de l’émission radio :
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1921372&channel=vivacite


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