Allemagne : mobilisation massive contre le nucléaire et ses déchets

Actualité - 12 novembre, 2010
Le convoi de déchets radioactifs en provenance de France est arrivé le mardi 9 novembre sur le site de stockage de Gorleben (nord de l’Allemagne), après quatre jours d’un trajet marqué par une mobilisation citoyenne d’une ampleur sans précédent…

Des milliers de manifestants expriment leur opposition au nucléaire

Sous haute protection policière, 11 camions chargés de déchets radioactifs allemands, retraités en France à l’usine de La Hague, ont rallié Gorleben mardi matin, après 91 heures de trajet en train, depuis Valognes (Manche), jusqu’à Dannenberg, en passant par Caen, Amiens, Reims, Strasbourg… (voir le trajet en intégralité sur la carte). Les 123 tonnes de matériaux hautement radioactifs vont s’ajouter aux 91 conteneurs déjà stockés dans des hangars en attendant une décision finale du gouvernement sur leur enfouissement éventuel.

Le nucléaire face à la résistance citoyenne

Avec cette mobilisation massive, les Allemands ont indiqué de façon non-violente et à haute voix qu’ils étaient opposés à cette technologie obsolète et dangereuse. Venus en voiture, en autobus et par centaines en tracteurs, les dizaines de milliers de militants se sont retrouvés sous une forêt de drapeaux et de pancartes pour protester contre ce 12e rapatriement de déchets nucléaires depuis 1995. L'ampleur de la mobilisation s'explique aussi par une volonté de remettre en question  la politique nucléaire du gouvernement Merkel.

Les déchets nucléaires, une voie sans issue

Ce transport montre une nouvelle fois qu’aucune solution n’existe pour les déchets nucléaires.Depuis 1995, le site de Gorleben accueille des déchets vitrifiés hautement radioactifs dans des containers posés dans un hangar et ventilés pour qu’ils refroidissent. Ce « stockage temporaire » dure depuis quinze ans ! Pour le long terme, le gouvernement allemand étudie la possibilité de les stocker en couche géologique profonde, dans du sel. Or les premières études ont montré que le dôme de sel de Gorleben n’est pas étanche.

 Non loin de Gorleben, la mine de sel de Asse (Basse-Saxe) accueille 126 000 fûts de déchets de faible et moyenne activité. Ils y sont stockés de « manière définitive » depuis les années 1960. Or, on a appris récemment que cette mine subit d’importantes infiltrations d’eau depuis 1988 et que le site connaît des fuites radioactives. Début 2010, le gouvernement allemand a ainsi décidé de rouvrir la mine et de reprendre tous les déchets. Le site d’Asse, conçu au départ comme un projet pilote, était censé apporter une solution au stockage final des déchets nucléaires.

Il faut sortir du nucléaire !

Depuis cinquante ans, l'industrie nucléaire pilote l’énergie de l’atome le pied sur l’accélérateur, sans se soucier du sort des sous-produits empoisonnés qu’elle génère : les déchets radioactifs. Greenpeace réclame l’abandon progressif du nucléaire : afin de gérer la crise des déchets nucléaires que nous avons déjà produits, la solution est d’arrêter de produire de nouveaux déchets, et de développer les énergies propres et l’efficacité énergétique.