Arctique : confrontation entre un bateau de Greenpeace et Rosneft, le géant russe du pétrole

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Actualité - 14 août, 2013
L’Arctic Sunrise, le brise-glace de Greenpeace est entré en confrontation avec un bateau équipé de matériel sismique, en mer de Barents. La confrontation a pour but de protester contre Rosneft, le géant russe du pétrole alors qu’il se prépare à des opérations de forage dans la zone arctique que l’on sait particulièrement fragile.

Dans la matinée du 13 août, l'Akademic Lazarev, affrété par Rosneft, a entamé une série de tests sismiques en utilisant des canons sous-marins diffusant des sons d’une hauteur de 250 décibels. Ces tests sont pratiqués dans la Fedynskiy license block qui correspond à une concession de forage. Greenpeace s’est approchée et a réclamé l’arrêt immédiat des opérations. Le géant pétrolier russe a récemment rejoint un groupe industriel dont font partie ExxonMobil, BP et Statoil, le tout avec l'intention d'entreprendre des forages dans la zone arctique.

Lors de la manœuvre d’approche, les chargés de mission Greenpeace ont communiqué par radio avec le capitaine de l'Akademic Lazarev, lui demandant de mettre un terme aux opérations préparant aux forages. Ils ont interrogé des membres de l’équipage, notamment quant à l'impact environnemental des opérations en cours et aux risques pour la faune et la flore (entre autres narvals, morses et ours polaires) qu'elles représentent. Ces opérations sismiques en cours sont préliminaires à des opérations de forages particulièrement dangereuses.

« L’équipage de l'Akademic Lazarev a confirmé qu’il travaillait bien pour Rosneft et nié qu’il pouvait porter préjudice à la faune. Or, ses canons sismiques en disent long. Les tests sismiques peuvent affecter l’ouïe des animaux, voire provoquer leur mort », précise Christy Ferguson, chargé de mission pour Greenpeace. Le capitaine a rapidement mis un terme à l'échange.

Exploration pétrolière en vue

Ces tests sismiques sont pratiqués pour déterminer quelles zones seront adéquates pour des forages pétroliers. L’impact de ces activités sur la faune et notamment les baleines est conséquent. Le volume sonore sous-marin observé varie entre 180-190 décibels. Des pertes définitives de l’audition peuvent être déplorées si l’animal se trouve à une distance de 150 mètres. La mort de l’animal survient si le son atteint les 245 décibels…

Pollution à gogo

Greenpeace continuera à protester dans les prochains jours. Rosneft est la plus grande compagnie pétrolière dans les mains d’un Etat. Rosneft dispose de plus d’un million de km² de concessions dans la zone arctique. Les premières missions d’exploration pétrolières sont fixées à 2014 dans une zone intitulée Vostochno-Prinovozemelsky-1, située à proximité du parc national arctique russe.

« A terre, Rosneft est responsable de la fuite de centaines de milliers de barils. Cela fait de Rosneft la compagnie pétrolière la plus polluante au monde, poursuit Christy Ferguson. Et malgré cela, d'autres compagnies pétrolières s'associent avec le géant russe pour profiter des avantages d'une législation laxiste et de normes de sécurité plutôt floues. Tout cela pour éviter d'assumer la responsabilité sociétale de leurs opérations. »

Avec son Arctic Sunrise, Greenpeace s'oppose à Rosneft et aux compagnies comme Exxon Mobil, Statoil et BP qui envisagent des forages dans la zone arctique. Son objectif est d'obtenir l'interdiction de ce type d'opérations et de faire du pôle Nord un véritable sanctuaire planétaire. La confrontation avec Rosneft se poursuivra dans les prochaines semaines puisque l'Arctique est plus que jamais la cible d'industriels. La fonte prolongée des glaces facilite l'accès de la zone sans que les garanties soient réunies pour assurer la sécurité des opérations envisagées. L'Arctique est une zone particulièrement fragile et les conditions météo y sont extrêmes.

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