Autorisation OGM illégale : nous sommes tous concernés !

Actualité - 15 janvier, 2013
Ce 15 janvier, 11 inculpés sont jugés pour association de malfaiteurs pour avoir, avec des centaines d’autres citoyens, remplacé à Wetteren des pommes de terre OGM par des pommes de terre bio.

Contrairement à ce que certains essaient de faire croire, les 11 inculpés ne sont pas une bande de malfaiteurs ni des extrémistes isolés. Les « 11 de Wetteren » sont soutenus par quelque 35 organisations, dont Greenpeace, elles aussi confrontées à la difficulté de porter au niveau politique des débats liés à des choix de société essentiels mais trop souvent purement et simplement écartés.

« Nous questionnons les méthodes utilisées pour imposer les OGM alors que la majorité de la population les refuse. Les essais en champs visés par l’action de Wetteren sont une étape centrale avant l’introduction des OGM dans la chaîne alimentaire », déclare Maurice Losch, chargé de campagne OGM et Agriculture chez Greenpeace Belgique.

En signant un texte commun, les organisations veulent rappeler que le débat doit être avant tout mené autour du développement des OGM et de ses conséquences, autour de l’utilisation des fonds publics de recherche qui sert aux intérêts privées d’entreprises et non à l’intérêt général, autour d’un système alimentaire et agricole qui réponde réellement aux enjeux sociaux et environnementaux. Des alternatives existent, telles que l’agro-écologie, la sélection végétale participative, la lutte intégrée contre les parasites... Elles renforcent des systèmes alimentaires plus autonomes et durables sans les rendre dépendants de l’agro-industrie. Pourtant ceux-ci ne bénéficient absolument pas de la même attention des pouvoirs publics.

« Greenpeace Belgique avait porté plainte contre l’autorisation de l’essai en champ des pommes de terre OGM. En juillet 2012, le juge a déclaré illégale l’autorisation donnée par les ministres fédéraux de l’agriculture, de l’environnement et de la santé. Par cette action juridique, Greenpeace a mis en évidence les lacunes qui caractérisent la procédure actuelle d’autorisation d’essai en champ pour les organismes génétiquement modifiés. Nous demandons aux ministres Laruelle (Agriculture), Onkelinx (Santé) et Wathelet (Environnement) de ne plus autoriser d’essai en champ OGM en Belgique », déclare encore Maurice Losch.