BP pourrait déjà entamer des forages pétroliers en Arctique dès 2013

Actualité - 18 janvier, 2011
Le premier coup dur pour l'environnement de 2011 est désormais un fait : la Russie ayant accordé à BP le feu vert pour procéder à des forages pétroliers dans la mer arctique de Kara, la dernière région encore intacte au monde risque d'être bouleversée à son tour. Détail cynique : c'est précisément la catastrophe pétrolière dans le Golfe du Mexique qui a incité BP à forer ailleurs. D'un point de vue technique, les premiers forages peuvent démarrer d'ici trois ans.

La marée noire dans le Golfe du Mexique a incité BP à forer ailleurs.

«En développant de nouveaux projets de forages pétroliers dans la mer de Kara, BP poursuit sans gêne dans la mauvaise direction. Cette nouvelle a été révélée quelques jours seulement après que BP ait été sérieusement mis en cause par une commission présidentielle en raison des lacunes au niveau de la sécurité mises au jour suite à la catastrophe du Deepwater Horizon» a déclaré Arnaud Collignon, responsable Energie de Greenpeace Belgique. «Ceci montre clairement que BP n'a pas tiré les leçons du passé.»

 

Forages pétroliers à haut risque en Arctique

BP a reçu l'autorisation via la compagnie pétrolière russe Rosneft, connue elle aussi pour ses manquements au niveau de la sécurité : pour la seule année 2009, 12.000 fissures ont été constatées dans ses oléoducs et dans 7.526 cas, ceci a entraîné des pollutions par le pétrole. La collaboration entre BP et Rosneft comporte donc de nombreux risques et il est honteux de tolérer que ces risques puissent entraîner des catastrophes naturelles en Arctique, une région encore intacte. Greenpeace insiste sur le fait que dans cette région isolée, les possibilités de combattre une catastrophe pétrolière sont très limitées. « Les conséquences d'une catastrophe telle que celle de la Deepwater Horizon seraient encore bien plus importantes en Arctique, région difficile d'accès et confrontée à des conditions souvent extrêmes », selon Ivan Blokov, directeur des campagnes de Greenpeace Russie.

Alors qu'en Belgique le Salon de l'Auto tourne à plein régime, les compagnies pétrolières doivent aller toujours plus loin et prendre des risques de plus en plus grands pour permettre au parc automobile de continuer à rouler. Le transport est responsable de deux tiers de la demande en pétrole au niveau européen. Greenpeace Belgique insiste donc pour une refonte totale de la vision de la mobilité au profit des énergies durables et de moyens de transport alternatifs.

Greenpeace continuera à suivre de près les activités de BP et n'hésitera pas à dénoncer cette nouvelle atteinte à l'environnement. «Les investisseurs feraient mieux de réfléchir à deux fois avant d'accepter de soutenir de tels projets», conclut Arnaud Collignon. «Extraire du pétrole en Arctique est une activité extrêmement risquée alors que les investissements durables prennent de plus en plus d'importance. A terme, l'homme deviendra moins dépendant du pétrole.»

Plus d'information sur les risques et les impacts potentiels de l'exploration pétrolière en Arctique : http://www.greenpeace.org.uk/files/pdfs/climate/arctic_briefing_gp.pdf

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