Catastrophe nucléaire? Le gouvernement vous abandonne

Actualité - 17 mai, 2013
Savez-vous à quelle distance d’une centrale nucléaire vous vivez ?  Et de quelle manière nos autorités (ne) prennent (pas) soin de vous et de vos proches ? Intégrez votre code postal via le site www.urgencenucleaire.be et découvrez-le !

Vous constaterez ainsi à quel point notre plan d'urgence nucléaire manque d'efficacité. C’est pourquoi Greenpeace poursuit le gouvernement en justice et continue à exiger la fermeture définitive des réacteurs nucléaires fissurés Doel 3 et Tihange 2. Plus de 10.000 fissures irréparables ont été localisées dans leurs cuves. Pensez à votre sécurité et à celle de vos proches. Aidez-nous à fermer définitivement Tihange 2 et Doel 3 en répercutant cette exigence auprès de Madame Joëlle Milquet.  





Plans obsolètes

La Belgique compte 21 réacteurs nucléaires sur son territoire et à proximité de ses frontières: 4 à Doel, 3 à Tihange, 1 à Mol, 1 à Borssele (NL), 6 à Gravelines (F), 2 à Chooz (F) et 4 à Cattenom (F). Aucun autre pays ne possède des centrales nucléaires implantées aussi près de grandes agglomérations urbaines. Dans un rayon de 30 km autour de Doel et de Tihange vivent respectivement 1,5 million et 840 000 citoyens. Le gouvernement, chargé par des conventions internationales et la législation nationale de protéger la population, faillit gravement à son devoir.

Greenpeace s’est penché sur les plans d’urgence et d’intervention nucléaire fédéraux existants et constate qu’ils proposent, dans le meilleur des cas, une réponse aux conséquences d’un accident limité ayant un impact radiologique restreint sur l’environnement. Par contre, en cas de catastrophe nucléaire majeure, la zone d’habitation de plusieurs centaines de milliers de personnes risque de subir une contamination telle, qu’elle en deviendrait inhabitable. Les plans d’urgence nucléaire sont désespérément obsolètes et n’offrent aucune solution satisfaisante quant à l’évacuation, à l’accueil et au relogement nécessaires de ces familles.

Un délit de négligence

« Le gouvernement a pour mission de protéger la population, mais néglige depuis des années déjà de mettre en place un plan d’urgence nucléaire valable », déclare Eloi Glorieux, responsable de la campagne Nucléaire pour Greenpeace. « Et plutôt que de rectifier le tir, il opte pour la remise en service de deux réacteurs nucléaires défaillants. Cela ne fait qu’augmenter le risque de catastrophe nucléaire… »

Les zones officielles des plans d’urgence nucléaire, pour lesquelles des mesures d’évacuation sont préparées, se limitent à un territoire d’un rayon de seulement 10 km autour des centrales nucléaires. À Fukushima, c’est une zone dans un rayon de 20 km qu’il a fallu immédiatement vider de ses habitants, tandis que les personnes vivant jusqu’à 30 km ont été priées de quitter « volontairement » les lieux. Certains villages jusqu’à 50 km ont aussi dû être évacués. Les plans d’urgence belges ne tiennent absolument pas compte de cette réalité et abandonnent la population à son sort en cas d’accident nucléaire grave. Par exemple, le plan d’urgence provincial d’Anvers prévoit quatre centres d’accueil pour les personnes déplacées. Ces centres sont tous situés dans un rayon de 14 à 20 km de la centrale nucléaire de Doel et se trouveraient eux-mêmes, lors d’une catastrophe nucléaire, dans la zone contaminée.

Aucune certitude

Il y a plus de 8.000 fissures à Doel 3 et plus de 2.000 à Tihange 2. Il n’existe aucune certitude quant à l’origine précise de ces fissures, tout au plus des suppositions. On parle de microfissures, mais certaines ont jusqu’à 2,4 cm de long, ce qui dépasse de loin le niveau « micro ». La cuve est une partie cruciale d’un réacteur nucléaire. Des manquements graves au niveau de la cuve pourraient conduire au pire.

Différents experts et agences de contrôle ont mis en doute la sécurité de Doel 3 et Tihange 2, parmi lesquels l’ancien directeur de l’AFCN, Willy De Roovere, l’ASN, l’Autorité de sécurité nucléaire française et Dieter Majer, l’ancien directeur de l’agence de contrôle nucléaire allemande. Si différentes équipes d’experts et de scientifiques indépendants ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur la sécurité de ces réacteurs après presqu’un an d’études, de recherches et de tests complémentaires, alors le gouvernement doit exclure tout risque et fermer définitivement Doel 3 et Tihange 2. 

Aidez-nous à fermer définitivement Tihange 2 et Doel 3 en répercutant cette exigence auprès de Madame Joëlle Milquet.