Cela ne peut pas arriver (jusqu’à ce que cela arrive)

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Actualité - 10 mai, 2013
Imaginez : le train accidenté à Wetteren ne transportait pas des produits chimiques mais des déchets hautement radioactifs. Et l’accident se produit près de chez vous. Impensable ? Nous aimons à le penser, mais rien ne garantit qu’un accident de train transportant des déchets nucléaires soit exclu. Ou plus grave encore, qu’un accident se produise dans une centrale nucléaire dans le voisinage. A Wetteren, les gens se demandent quelle est la toxicité de leur salade. Une question qui a reçu une réponse effrayante à Tchernobyl ou Fukushima.

Cela ne peut arriver. Cela n’arrivera pas. Et cela arrive quand même. Il apparaît que nos autorités et les instances compétentes n’y sont pas suffisamment préparées. A une catastrophe chimique mais encore plus aux conséquences d’une catastrophe nucléaire. Et pourtant, les transports nucléaires voyagent de nuit le long de nos maisons et de nos jardins alors que nous dormons tranquillement dans l’ignorance. Et si nous le savons, nous nous en tirons en nous disant que ‘Quelque chose comme cela n’arrive pas ici, ailleurs peut-être, mais pas ici’. Et si quelqu’un comme Greenpeace actionne la sirène d’alarme, on le traite de prophète de malheur… en mal de sensationnel.



Aucun plan catastrophe



La catastrophe de Wetteren montre à une échelle relativement limitée le manque de professionnalisme avec lequel notre pays aborderait un déraillement de transport nucléaire ou une catastrophe nucléaire. Un territoire nettement plus grand serait contaminé. Bien plus de gens devraient être évacués. Et pas seulement pour quelques semaines, mais pour des décennies. Que faire ?  Allez-vous d’abord aller chercher vos enfants à l’école ? Il n’existe aucun plan catastrophe digne de ce nom. Et ce alors que le déraillement d’un transport nucléaire ou une catastrophe nucléaire peut avoir des conséquences bien plus sérieuses que la catastrophe de Wetteren. La quantité de radioactivité d’un transport de combustibles usés hautement radioactifs est comparable à la radioactivité libérée lors de la catastrophe de Tchernobyl. Une salade toxique ne sera plus qu’une des innombrables conséquences dans une région où vivent et travaillent des centaines de milliers de familles. La vie que nous connaissons n’existera plus et toute activité économique sera exclue pour longtemps.



Aucune leçon



Qu’il s’agisse d’une catastrophe chimique ou nucléaire, le gouvernement est responsable de la protection de la population. Un plan catastrophe approprié et étendu doit être mis en œuvre et actualisé. Des années durant, il a négligé cette mission. Il existe deux versions de la plupart des plans d’urgence et d’intervention provinciaux.  En premier lieu, une version officielle approuvée par le gouvernement et qui date du siècle dernier. En second lieu, un nouveau plan, basé sur les dispositions du plan d'urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge actualisé en 2003. Bien que ce plan date également déjà de 10 ans, les nouveaux plans d’urgence et d’intervention provinciaux ne sont toujours pas officiellement approuvés par le gouvernement. Certaines provinces n’ont même pas de plan d’urgence et d’intervention particulier car elles sont soi-disant suffisamment loin de toute centrale nucléaire. Ce qui démontre bien leur incurie et leur négligence.


Citation


Selon notre Ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH),  un plan catastrophe ne peut pas tout prévoir.  S’il est effectivement impossible de protéger un territoire densément peuplé comme la Belgique contre les conséquences d’une catastrophe nucléaire sérieuse, il faut alors en tirer les conclusions qui s’imposent. Les compagnies d’assurances l’ont déjà compris.  Elles refusent de proposer toute police qui couvre la totalité des coûts d’une importante catastrophe nucléaire. 
Pour Greenpeace, il est inacceptable qu’il n’existe aucun plan d’urgence adéquat, au cas où « l’impensable » devait se produire. C’est entre autres pour cette raison que Greenpeace a mis officiellement le gouvernement en demeure. Un mois et une catastrophe toxique plus tard, le gouvernement n’a pas encore réagi. Greenpeace prépare de ce fait une citation officielle du gouvernement. Non que nous recherchions le sensationnel mais parce que nous trouvons que de tels risques sont anachroniques. 



Vous trouverez ici plus d’informations sur notre mise en demeure officielle.

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