Ces entreprises belges qui se rendent complices de la déforestation

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Actualité - 22 octobre, 2013
Wilmar, le plus grand négociant en huile de palme, distribue de l’huile de palme issue de la déforestation sur le marché mondial. C’est ce qui ressort du nouveau rapport de Greenpeace « Licence to kill ». Certaines marques de produits alimentaires belges bien connus ainsi que des chaînes de supermarchés sont des cliens de Wilmar. Ceux-ci se rendent donc complices de la destruction des forêts tropicales.

Biscuits, pâtes à tartiner, shampoings, produits de nettoyage… De nombreux produits que nous utilisons au quotidien contiennent de l’huile de palme. Or, l’expansion des plantations de palmiers à huile constitue la principale cause de déforestation en Indonésie.

Greenpeace veut stopper la déforestation. En mars de cette année, nous avons donc pris contact avec des dizaines d’entreprises belges qui utilisent l’huile de palme. Nous leur avons demandé de veiller à ce que leur produit n’entraîne aucune destruction de forêt tropicale. Les réactions furent très différentes : certaines entreprises ont directement répondu, d’autres l’ont fait après plusieurs coups de fil de rappel tandis que d’autres encore n’ont jamais répondu.

Un point commun a vite été trouvé entre les réponses des entreprises qui ont réagi : toutes se fient au RSPO (Table Ronde pour une Huile de Palme Durable) pour produire une huile de palme « durable ». Je place durable entre guillemets car malheureusement, le label RSPO ne permet pas de casser le lien existant entre l’huile de palme, la déforestation et la destruction de tourbières.



Le tigre de Sumatra

Entretemps, nos collègues en Indonésie ont étudié divers cas de destruction de forêts à Sumatra. Entre 2009 et 2011, un demi-million d’hectares de forêts a disparu sur cette île. Une grande partie de cet espace forestier était classé comme habitat de Tigre de Sumatra, qui est désormais proche de l’extinction. Actuellement, il ne resterait en effet plus que 400 Tigres de Sumatra sauvages en vie. L’expansion des plantations industrielles de bois à pâte et de palmiers à huile est responsable de la destruction de deux tiers de l’habitat de cette espèce animale.



Licence to kill

Notre nouveau rapport “Licence to Kill” décrit des cas de pratiques illégales et irresponsables qui sont mises en place par des entreprises productrices d’huile de palme à Sumatra :

- destruction de l’habitat du Tigra de Sumatra
- développement de plantations sur des tourbières profondes
- transformation de forêts à haute valeur de conservation
- feux de forêts dans des concessions.

Un exemple ahurissant renvoie aux plantations illégales de palmiers à huile dans le parc national de Tesso Nilo qui, depuis 2011, ont entraîné la disparition de près de la moitié de la forêt restante.



Wilmar

Le nom Wilmar ne vous dit probablement rien. Wilmar est pourtant le plus grand négociant en huile de palme au monde et il est aussi membre du RSPO. Ce géant invisible entretient des liens avec quasiment tous les producteurs d’huile de palme cités dans notre rapport. Par l’entremise de Wilmar, l’huile de palme issue de la déforestation arrive sur le marché mondial, sur les étagères de nos magasins et, finalement, dans nos maisons.

Les multinationales qui achètent de l’huile de palme “sale” à Wilmar rendent dès lors les consommateurs complices, de manière involontaire, de la destruction des forêts tropicales et des tourbières en Indonésie. Parmi les clients de Wilmar, on retrouve entre autres les fabriquants de Côte d’Or, Palmolive et Gillette.



La connexion belge

Des entreprises belges sont également concernées (plus d'info sur la connexion belge ici) : Colruyt, Delhaize, Lotus, Lutosa, Vandemoortele, Aigremont ou encore Royale Lacroix. Ceux-ci se fournissent directement chez Wilmar ou auprès d’intermédiaires qui ont, de leur côté, acheté de l’huile de palme à Wilmar.

Nous avons également trouvé un autre point commun entre les entreprises que nous avons contactées au mois de mars: outre le fait qu’elles soient presque toutes convaincues de la « durabilité » de leur achat garantie par le RSPO, elles ne savent généralement pas d’où vient cette huile de palme. Le commerce d’huile de palme sale assuré par Wilmar, pourtant membre du RSPO, démontre bel et bien qu’une huile de palme durable sans transparence au niveau de la chaîne d’approvisionnement est, dans le meilleur des cas, une douce utopie.



Politique « zéro déforestation »

Un certain nombre de producteurs d’huile de palme prouve pourtant qu’il est possible de produire de l’huile de palme sans détruire les forêts. Greenpeace estime que les négociants internationaux en huile de palme comme Wilmar et que les marques comme Vandemoortele, qui achètent cette huile de palme, doivent à tout prix faire disparaître de leur chaîne d’approvisionnement toute huile de palme issue de la déforestation. Ils doivent donc aller au-delà du RSPO, qui n’est pas fiable, et développer eux-mêmes une politique « zéro déforestation », qui commence par une transparence absolue au niveau de leur chaîne d’approvisionnement.

Continuez à nous suivre pour savoir comment vous pouvez aider à casser le lien entre l’huile de palme et la déforestation.

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5 commentaires Ajouter un commentaire

Liliane De Gussem dit:

ce qui devient urgent c'est que le consommateur réagisse face à ce problème écologique majeur en boycottant les produits qui c...

Posté 15 novembre, 2013 à 11:45 Signaler un abus Répondre

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(Non-inscrit ) laurecharlotte dit:

Je suis très sensible aux problèmes d'environnement mais en ce qui concerne l'huile de palme, il est très difficile de ne pas e...

Posté 13 novembre, 2013 à 10:59 Signaler un abus Répondre

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(Non-inscrit ) Ingrid dit:

Mauvaise en tout cette porcherie d'huile,alors pq continuer?

Posté 13 novembre, 2013 à 9:06 Signaler un abus Répondre

(Non-inscrit ) Jean-Marie dit:

(Lettre ouverte à Philippe Martin, ministre français de l'Ecologie)


  Monsieur le Ministre,   
 
" Le 13 Novembre est une journée fatidique pour les forêts tropicales. A l'heure actuelle, 1,9 tonnes d'huile de palme sont déjà incorporées à l'essence, dans l'UE chaque. Les plantations de palmiers à huiles nécessaires à cette consommation ont provoqué la destruction de 7000 kilomètres carrés de forêt tropicale." (Communiqué )
              
  Pour l'heure, déjà plus de 127 000 personnes s'opposent explicitement, notamment par le biais d'une pétition, à l'usage des agrocarburants et à la destruction programmée, systématique, de la forêt tropicale.

Si le phénomène n'est, hélas, pas nouveau il prend une ampleur plus alarmante que jamais, du fait de son organisation à grande échelle. De toute évidence la résolution de certains est prise : la seule solution à nos problèmes d'énergie réside dans l'exploitation des ultimes grandes sources d'énergies vivantes, à savoir nos fragiles écosystèmes forestiers.

Pourtant, l'avenir de nos moyens de transports - puisqu'il ne s'agit jamais que de cela - ne réside pas dans l'usage à outrance de nouveaux carburants de type végétal. Qu'ils soient à base d'huile de palme, de maïs ou autre ne change rien aux risques pris inconsidérément par l'Union européenne, déjà amplement critiquable dans son mode de fonctionnement est, soit dit en passant, à l'opposé d'une démocratie digne de ce nom.

La voix du peuple doit pourtant être la première à être entendue, parce qu'un gouvernement qui n'a pas d'oreilles pour entendre n'a pas de tête pour gouverner.

Cette expression, dont la source m'échappe, que son auteur me le pardonne ne peut mieux s'apparenter à ce qui se passe désormais, au sein des cénacles de décideurs anonymes qui planifient la manière dont, dorénavant, nous devons vivre, consommer, voire penser...ou ne plus penser. Le danger de ce type de gestion des affaires qui concernent le peuple, sinon la planète entière, nous remet en mémoire la vision futuriste de maints auteurs probablement plus éclairés sur ce que signifie le bon sens et l'intérêt des citoyens que nombre de politiciens actuels.

Apparemment, ce genre de mise en garde n'a jamais ému grand monde. Nul ne semble décidé à en tirer les leçons.
Je pense que notre avenir n'est pas dans les agrocarburants. Par contre il peut trouver sa source dans un changement radical de notre manière d'appréhender nos déplacements, notre manière de produire, de consommer.

En m'associant aux 127000 protestataires, ce n'est pas en qualité de "naturophile" que je vous demande, humblement, d'agir, mais au nom des générations à venir, au nom de cet environnement auquel nous devons la vie, vous et moi, afin que ne soient plus tolérés les dégâts perpétrés dans les forêts du monde, qui constituent un bien commun. Car la Terre n'appartient à personne.

Ce ne sont pas les bio-carburants qui nous sauverons du marasme économique, social, écologique international. ils n'auront aucun impact constructif, positif susceptible de nous assurer encore quelques décennies d'une existence de plus en plus contre nature. Même si cela était, pour combien de temps serait-ce ?

Et après ? Après, c'est déjà demain.

Ce n'est pas en refusant d'admettre tout ce dont nous sommes tous redevables vis-à-vis de l'écosystème, donc aux forêts, aux océans, à tous ce que ces biotopes contiennent d'essentiel à notre apparition et à notre survie sur cette planète, ce n'est pas en ne songeant plus qu'à nos déplacements routiers, maritimes ou aériens, de plus en plus insensés, excédentaires, que nous pouvons, vous et moi, être encore crédibles et prétendre à un avenir viable, pérenne.

Notre biosphère n'en peut plus de nos exactions vis-à-vis d'elle, de notre prétendu progrès dont elle paie le prix fort sans que cet apparent essor - à très court terme - nous rende plus heureux, plus pacifiques, en un mot plus aimables à nos contemporains.

De toute évidence, nos agissements ne sont pas l'oeuvre d'une espèce aussi respectable, aussi intelligente qu'elle le prétend.
Confrontés que nous sommes à l'angoisse de la fin du pétrole, énergie morte s'il en est, notre obsession du moment consiste surtout à obtenir par tous les moyens, et les pires bien souvent, du carburant. Cela va jusqu'à détruire la vie pour espérer survivre à "bon compte"...
Ansi qu'il a été dit : nous déplacer ou manger sera bientôt le cruel dilemme auquel nous allons être confrontés, en guise d'ultime faux progrès.

Les vrais héros sont ceux qui refusent la violence des combats stériles, et qui peuvent admettre qu'ils font fausse route, qu'ils sont prêts à s'engager sur une nouvelle voie.

La vôtre, de voie, Monsieur le Ministre, est celle du peuple. Ce dernier espère légitimement que ses représentants entament des actions courageuses en faveur de la vie, non au détriment de celle-ci.

Si le peuple doit se déplacer, il peut aussi apprendre la pondération, à modifier ses comportements. Mais tous les représentants du peuple se doivent d'être au service de la vie et non à celui des communications, dont nous savons ce qu'en coûtent les excès.

En déboisant à outrance, en accaparant des terres pour les vouer non plus aux cultures assurant notre alimentation mais au seul souci d'une mobilité de plus en plus engorgée et pollueuse, en appauvrissant la biodiversité nous appauvrissons le monde et c'est nous même qui nous sabordons. Un enfant comprend cela.

Dans l'avenir immédiat, le seul vrai progrès dont nous pourrions être réellement fiers consisterait à nous remettre à notre place, non au sommet prétentieux de l'écosystème entier, mais intégré à la nature, en l'acceptant, en la reconnaissant comme le berceau de notre existence. On ne souille pas, on ne crache pas dans un berceau.

On le dit, on le répète, la planète n'est pas extensible. Ni vous ni moi ne pourrons nous passer d'air, d'espace, de terre ou d'eau. Tout ce que nous offrent les forêts. Gratuitement.

Monsieur le Ministre, vous détenez un pouvoir. Je vous demande d'en user, de vous ériger en porte-parole des amoureux de la vie, dans l'intérêt de l'humanité et non au seul service de la technologie ou d'une économie discutable.

Si ce ton vous a paru quelque peu moralisateur veuillez me le pardonner. Il ne traduit rien d'autre que le désir de rester humain, dans le sens humaniste du terme. C'est bien ce qui peut nous arriver de meilleur si nous avons le souci de la collectivité.
 
          Avec mes respects et l'assurance de ma considération distinguée
                                                                       J-M. Luffin

Posté 13 novembre, 2013 à 7:11 Signaler un abus Répondre

Monaliz dit:

Monsieur Luffin,
Votre lettre est magnifique!
Puisse-t-elle parvenir à convaincre tous nos dirigeants, tant qu'il en est encore ...

Posté 14 novembre, 2013 à 13:16 Signaler un abus Répondre

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pflux dit:

N'achetez aucun produit qui contient de l'huile de palme!

Posté 12 novembre, 2013 à 18:18 Signaler un abus Répondre

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