Commerce international de bois illégal : tout reste à faire !

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Actualité - 20 août, 2013
Plusieurs mois ont passé depuis l’entrée en vigueur de la législation européenne sur le commerce de bois illégal (EUTR). La démonstration de son efficacité toute relative vient encore d’être faite : une cargaison illégale de bois congolais a été retrouvée en Allemagne quelques jours après la découverte d’une autre en Tchéquie.

Plus d’information (en anglais). 

Il aura fallu dix ans à l’Union européenne pour se doter d’une législation permettant de lutter contre l’importation du bois produit illégalement dans les pays forestiers comme le Congo ou le Brésil… C’est chose faite depuis mars 2013. Peu de temps après cette entrée en vigueur, Greenpeace Belgique alertait l’opinion publique et les responsables politiques : pour être efficace, cette loi doit être assortie de contrôles sur le terrain et de sanctions.

L'inefficacité de cette loi vient à nouveau d'être démontrée. Une cargaison illégale de Wengé, un bois tropical originaire du Congo et fort prisé pour les châssis ou terrasses a été localisée à Anvers, en avril dernier. Arrivé en Europe par le port d’Anvers, ce bois illégal a donc circulé sans encombre en Europe. Une partie des grumes a été repérée en Tchéquie, où elles ont fait l’objet d’une première série d’investigations par les autorités du pays. L’autre lot provenant de la même société (BBC) vient d’être retrouvé en Allemagne… Il s’agit d’une essence en danger (liste rouge de l’IUCN). Les illégalités dans la production de ce bois ont été récemment mises en évidence par une organisation britannique : Resource Extraction Monitoring (REM). Cette organisation a fonctionné au Congo comme observateur autonome. REM a mis en évidence bien des illégalités du chef de la BBC dont des manipulations du marquage apposé sur chaque grume et "des indélicatesses" par rapport aux populations locales. Une mission menée sur le terrain par Global Witness et Greenpeace a confirmé toutes ces illégalités. 

Communautés locales lésées

Cette saga illustre à quel point l’EUTR doit mieux être encadrée. Le commerce illégal du bois est une réalité dans un pays forestier comme le Congo. Lutter contre le commerce illégal du bois permet de freiner la déforestation mais aussi d’assainir les rapports entre les communautés locales et le secteur du bois. Il n’est en effet pas rare que des compagnies forestières prélèvent des bois rares dans la forêt sans concertation avec les villageois. La communauté locale se voit ainsi spoliée d’un bois présentant une haute valeur commerciale ou encore d’arbres représentant une source de nourriture (les arbres à chenilles) ou associés à un culte ou une croyance… 

Greenpeace attend plus de vigilance de la part des importateurs de bois. Ils sont maintenant soumis à ce que l’on appelle la « due diligence obligation ». Les commerçants doivent rendre l’ensemble de leur chaîne « bois » transparente et réduire au maximum tout risque d’importer du bois illégal.

Quant aux autorités, elles doivent d’urgence mettre sur pied un meilleur contrôle de l’entrée du bois provenant de pays à risque comme le Congo. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le commerce illégal du bois trois cargaisons suspectes ont été identifiées à Anvers. La Belgique est donc particulièrement concernée et n'a jusqu'ici pris aucune sanction.

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